Swiss Olympic opte pour les Grisons face à Genève/Valais

Saisie : 12.08.2011

La candidature de Genève/Valais à l'organisation des Jeux Olympiques d'hiver 2022 a été écartée au profit de celle des Grisons. Le Conseil exécutif de Swiss Olympic a préféré jeudi les sites de St-Moritz et Davos, plus alpins et moins citadins.

La décision du dépôt de la candidature suisse auprès du CIO sera prise le 27 avril 2012 par les représentants des fédérations sportives suisses, écrit jeudi Swiss Olympic dans un communiqué. « La variante orientale rend possible la candidature riche sur le plan émotionnel et inspirée dont nous avons besoin pour revivre enfin, après plus de 70 ans, des JO en Suisse », a dit Jörg Schild, président de Swiss Olympic.

Face à d'autres villes plus grandes, « Genève n'aurait pas eu la tâche facile. Le conseil exécutif est d'avis qu'avec un concept différent, Davos/St. Moritz auront plus de chances », a précisé M.Schild devant la presse à Ittigen (BE).

Larges consultations

Swiss Olympic précise avoir pris sa décision après avoir mené de nombreuses discussions avec, notamment, la Confédération, des responsables cantonaux, des membres actuels et anciens du CIO ou des spécialistes de l'économie et du tourisme. Les représentants de candidatures passées n'ont pas été oubliés, afin de collecter leur expérience.

Les deux parties intéressées ont eu jeudi l'occasion de démontrer au Conseil exécutif de Swiss Olympic qu'elles remplissent les conditions et de présenter les atouts de leur région. Au bout du compte, la balance a penché en faveur de Davos/St-Moritz.

Réactions mitigées

Genève accepte mieux que le Valais sa défaite. Déçu, le conseiller d'Etat valaisan Claude Roch estime que « c'est surtout la procédure qui provoque une certaine frustration ». La candidature lémanique était un projet complet, nouveau réunissant trois cantons. Néanmoins Genève est prêt à aider les Grisons si ceux-ci le demandent, a précisé M. Roch à l'ats.

Côté genevois, le gouvernement a dit respecter « l'approche du Conseil exécutif visant à choisir un projet plus alpin et différent de ceux que ne manqueront pas de présenter de grandes villes internationales ». Il souhaite « plein succès » au canton des Grisons dans le long chemin qu'il aura encore à parcourir avant la désignation finale du site.

Le contre-pied au gigantisme

Du côté des vainqueurs, on souligne aussi que « l'idée à la base du projet de Davos et de St-Moritz était d'offrir une alternative claire et viable à la candidature de grandes villes ». Président du groupe de travail grisons, Tarzisius Caviezel se réjouit particulièrement de la clarté de la position de Swiss Olympic qui confirme que « nous avons su reconnaître l'esprit du temps ».

Le Comité international olympique a fait savoir qu'il souhaitait prendre ses distances avec le gigantisme affiché par les précédents JO, préférant des candidatures de stations de sports d'hiver traditionnelles qui s'appuient sur des installations existantes, a ajouté M.Caviezel.

Une chance unique

Désormais, un groupe de travail interdépartemental placé sous la houlette du Département fédéral des sports (DDPS) va examiner de manière approfondie avec les représentants du canton des Grisons la possibilité d'une telle candidature, a précisé Jörg Annaheim, vice-directeur de l'Office fédéral du sport. Le Parlement du sport décidera alors de présenter ou non une candidature pour les JO de 2022.

Il faudra également le feu vert politique puisque les pouvoirs publics seront appelés à participer financièrement. Les coûts d'une candidature, pris en charge par la Confédération, le canton et Swiss Olympic, sont estimés à quelque 36 millions de francs. Le peuple grison aura à se prononcer, ainsi que les Chambres fédérales, a précisé Tarzisius Caviezel, par ailleurs conseiller national (PLR/GR).

« Je suis persuadé que la Suisse profiterait à bien des égards de la tenue de Jeux Olympiques chez elle », a déclaré Jörg Schild. L'ancien conseiller d'Etat bâlois ne pense pas qu'au tourisme ou aux projets d'infrastructures durables qui pourraient être ainsi réalisés, « mais aussi à la chance unique de nous atteler tous ensemble à un tel projet qui, en outre, ne pourrait que renforcer l'importance du sport dans notre pays ». (ats)


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