« Une médaille olympique a plus de valeur elle-même que tout l’argent au monde »

Saisie : 31.08.2010

Pendant deux ans, les cavaliers de saut suisses ont attendu la médaille de bronze des Jeux de Pékin 2008. 5 questions à Steve Guerdat, Christina Liebherr, Niklaus Schurtenberger et Pius Schwizer.

Les Jeux de Pékin sont terminés depuis longtemps. Alors que vous étiez classés à la quatrième place, vous remportez le bronze presque deux ans après. Etes-vous content(e) ?

Christina Liebherr : Oui, même après deux ans une médaille olympique est quelque chose de spécial que seulement peu de sportifs ont. Et combien de pour cent de la population suisse sont en possession d’une médaille ?

Pius Schwizer : Oui, très.

Steve Guerdat : Evidemment que je suis content de recevoir cette médaille mais c’est sûr qu’elle a un goût amer puisque l’on a plus le sentiment de l’avoir gagnée dans les tribunaux plutôt que sur le terrain. Je pense que c’est surtout sur le palmarès qu’elle fera bien.

Niklaus Schurtenberger : C’est une confirmation de nos performances sportives.

Dopage du cheval : l’éthique de la compétition se perd-elle ?

Pius Schwizer : Non, absolument pas.

Niklaus Schurtenberger : J’espère que non. Mais il est vrai que la pression sur le cavalier et sur le cheval augmente sans cesse !

Christina Liebherr : Il y a des règles du jeu à respecter, sinon on encourt des sanctions. C’est la même chose sur la route. Si je dépasse la limite de vitesse, je dois payer une amende si je me fais prendre au radar.

Steve Guerdat : Il ne faut pas être naïf, le monde est rempli d’injustice, de mensonge et de tricheur, à tous les endroits et à tous les niveaux. Et malheureusement l’équitation et le sport en général n’y échappent pas.

L’obtention retardée de cette médaille a-t-elle aussi eu des conséquences économiques, par ex. par rapport aux recettes de sponsoring ou aux invitations à des compétitions ?

Christina Liebherr : Oui, car dans plusieurs compétitions internationales les médaillés des JO sont qualifiés d’office pour le GP. En ce qui concerne le sponsoring, une médaille aurait été une occasion pour les sponsors de se montrer par des messages de félicitations pour la médaille. D’ailleurs un des sponsors a arrêté.

Niklaus Schurtenberger : Oui. Je n’étais pas autorisé à participer à de nombreuses compétitions parce que la médaille ne nous était pas encore attribuée. J’ai également perdu des contrats de sponsoring.

Steve Guerdat : Economique oui, par plusieurs sponsors, invitations non, c’est déjà trop tard, mais là n’est pas le principal, une médaille olympique a plus de valeur elle-même que tout l’argent au monde.

Pius Schwizer : Le retard entraîne certainement des inconvénients. Personnellement cela me concerne moins, par chance, car je peux être aussi présent par le biais du classement mondial.

Cette médaille vous encourage-t-elle à réaliser une nouvelle performance exceptionnelle à Londres en 2012 ?

Niklaus Schurtenberger : Oui, j’espère pouvoir faire le voyage de Londres.

Steve Guerdat : Je n’ai pas besoin de ça pour me motiver, je veux aller à Londres et monter sur le podium sur place.

Pius Schwizer : Je suis en tout cas motivé pour les Jeux Olympiques 2012. Avec ou sans médaille.

Christina Liebherr : Je suis d’autant plus motivée a resauter au plus haut niveau. Jusqu’à 2012 j’aurai surement retrouvé une monture pour figurer au sein de l’équipe de Suisse.

La médaille olympique obtenue à Pékin prendra-t-elle une place d’honneur ?

Pius Schwizer : Oui, dans mon nouveau salon.

Christina Liebherr : Oui, la médaille me rappelle de bons souvenirs de Pékin, malgré ma contre-performance dans la deuxième manche de la coupe des nations. Maintenant que No Mercy a pris sa retraite, je suis fière de pouvoir lui ajouter cette médaille à son palmarès exceptionnel.

Steve Guerdat : Elle sera avec mes autres médailles dans ma chambre à l’abri des regards mais c’est vrai que c’est très spécial.

Niklaus Schurtenberger : Il est certain que je trouverai une place d’honneur dans notre appartement pour cette médaille.

Les Jeux de Pékin 2008 ont réservé des surprises à l’équipe suisse de saut d’obstacles : tout d’abord, à Hong-Kong, où se déroulaient les compétitions olympiques d’équitation, les cavaliers pourtant favoris ont manqué le métal précieux et se sont trouvés relégués à l’ingrate quatrième place. L’équipe norvégienne, troisième, a ensuite été disqualifiée car des médicaments non autorisés avaient été prescrits à un cheval. Le cas était pourtant resté en suspens. Désormais – deux ans après la compétition – la décision est légale et officielle : les Suisses Steve Guerdat, Christina Liebherr, Niklaus Schurtenberger et Pius Schwizer ont remporté la médaille de bronze. Nous avons posé cinq questions à chacun des cinq (mal)heureux médaillés olympiques. Voici les réponses les plus attrayantes.

Photos : Keystone, Swiss Olympic


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