Le triomphe de Janka
Saisie : 23.02.2010
Carlo Janka a réussi là où Didier Cuche a échoué aux JO de Vancouver. Le Grison a conquis le titre en géant, tandis que le Neuchâtelois ne remportera jamais médaille d'or aux Jeux, lui qui, blessé, a bouclé sa carrière olympique sur une amère 14e place.

Photo : Keystone
Comme l'an dernier aux Mondiaux de Val d'Isère, Janka a réussi son pari, à savoir remporter une médaille d'or pour ses débuts aux JO. Fidèle à sa réputation de brûleur d'étapes, le Grison l'a aussi été vis-à-vis de son surnom d'"Iceman". En tête après le tracé initial, il a tenu le choc, résistant notamment au chrono canon de Kjetil Jansrud en deuxième manche et conservant 0''39 d'avance sur le Norvégien.
C'est aussi en bon "Iceman" qu'il a géré ses premières joutes olympiques. A la rue il y a deux semaines lors du premier entraînement (28e), il n'a ensuite cessé de monter en puissance en descente (11e), super-G (8e) et super-combiné (4e). Il lui a fallu du temps pour s'accoutumer à la piste, se familiariser avec la neige particulière de Whistler et trouver les bon réglages de matériel. Mais il y est parvenu.
Il a été encore et toujours "Iceman" dans sa façon de gérer la déception et la pression. Forcément frustré après avoir manqué de peu la médaille en super-combiné, il ne s'est pas démonté. De même, il a apporté une réponse cinglante à tous ceux qui annonçaient déjà des Jeux ratés du Grison, avant même qu'il ne s'attaque à sa meilleure discipline.
Encore la poisse pour Cuche
A l'instar de Janka, Cuche s'est montré dominateur cette saison et lors des Mondiaux 2009. Mais contrairement à son jeune coéquipier, il ne l'a pas été aux Jeux olympiques. C'était ses derniers. Et ils sont ratés. En manque de réussite en descente (6e avec une faute fatale en fin de parcours), le Neuchâtelois de 35 ans est passé à côté en super-G (10e) et en géant (14e). Deux courses où il est apparu timoré, méconnaissable par rapport à son caractère de guerrier.
A sa décharge, on rappellera qu'il n'avait pas abordé les Jeux de la meilleure manière en se cassant le pouce à Kranjska Gora, une semaine avant son départ pour le Canada. Touché dans sa chair et contraint de skier avec une attelle spéciale, le coureur du Val-de-Ruz n'a pas semblé aussi efficace que d'habitude à la poussée (4 dixièmes de retard après 15 secondes de course en 1ère manche), ni dans sa façon d'attaquer les portes.
Pour ne rien arranger, il a été encore pénalisé par une chute à l'échauffement, peu avant de se lancer dans la manche initiale. "Je me suis fait très mal. Pendant ma deuxième manche, j'avais même envie de m'arrêter tellement la douleur était forte", a expliqué Cuche. "Je suis évidemment déçu de mes Jeux. Mais je dois l'accepter et me concentrer sur la fin de saison de Coupe du monde."
Médaillé d'argent en super-G à Nagano, Cuche ne deviendra jamais champion olympique, lui qui devrait se retirer du circuit à la fin de la saison prochaine. Son formidable palmarès en demeurera orphelin. S'il devait y avoir une consolation, elle viendra d'autres trophées. A commencer par le globe de cristal de descente, qui lui semble promis dans deux semaines aux finales de Garmisch.
Grâce à Janka, la Suisse a mis fin à une longue disette. Il faut en effet remonter aux JO de Sarajevo en 1984 pour retrouver un coureur helvétique (Max Julen) sacré en géant. (si)