Le Mouvement olympique en Suisse

Saisie : 27.11.2008


Plutôt distante à ses débuts, la relation entre la Confédération helvétique et le Mouvement olympique date d’au moins 112 ans. En 1896, le gymnaste Louis Zutter de Neuchâtel se rendit à Athènes à titre privé et fut le premier Suisse à remporter une médaille d’or aux Jeux Olympiques de l’ère moderne. Mais ce succès passa quasiment inaperçu auprès des médias suisses et de ses compatriotes.

Même après le tournant du siècle, l’Esprit olympique ne se ressentait guère en Suisse. C’est seulement grâce à Julius Wagner que la Suisse fut représentée aux Jeux Olympiques en 1908 et 1912. Le manque d’intérêt pour les Jeux trouvait son origine dans la tradition suisse : pratiquer le tir, le ski, l’équitation et la gymnastique dans les fédérations nationales revêtait plus d’importance. En Suisse, la mission civique première de la gymnastique consistait à éduquer les jeunes gens.

Les Jeux Olympiques d’abord dans le giron romand Lorsque le Suisse Godefroy de Blonay, membre du CIO, fonda le « Comité olympique suisse » (COS) en 1912, il s’agissait encore d’un organe exclusivement francophone. Au moment de l’arrivée du CIO à Lausanne en 1916, l’enthousiasme pour le Mouvement olympique était encore très ténu, surtout en Suisse alémanique.

Le changement de mentalité s’opéra en 1920. Sous la houlette de Blonay, la Suisse envoya pour la première fois une délégation complète de 77 sportifs pour défendre les couleurs du drapeau suisse aux Jeux Olympiques d’Anvers. En 1923, « l’Association nationale d’éducation physique » (ANEP) signa un contrat qui chargeait le COS de sélectionner les participants aux Jeux Olympiques et de former des délégations. Cette nouvelle mouture généra les premiers succès: à Paris en 1924, la Suisse empocha 24 médailles et 17 à Amsterdam en 1928. Les sportifs signèrent leurs plus grands succès dans les disciplines traditionnelles telles que la gymnastique, le tir, l’aviron et la lutte.

En Suisse, à compter des années 1930, le sport se teinta de couleurs patriotiques, comme dans le restede l’Europe d’ailleurs, et fut essentiellement utilisé pour mobiliser la jeunesse. En 1944, l’Ecole fédérale de sport fut créée à Macolin dans le but d’améliorer la condition physique des soldats.

Dans les années d’après-guerre, cette orientation militaire disparu au profit d’une orientation scientifique : l’Institut des science du sport ouvrit ses portes en 1967. L’année 1970 marqua l’ancrage du sport dans la Constitution fédérale, et en 1972, une loi fédérale visant à promouvoir la gymnastique et le sport fut votée.

« Jeunesse et Sport » (J+S) fut créé et le sport féminin fit l’objet d’une promotion ciblée. En 1997, « l’Association suisse du sport » (ASS) et le COS fusionnèrent pour devenir l’AOS, « l’Association olympique suisse ». En 2001, l’AOS fut rebaptisée avec son nom actuel, « Swiss Olympic Association ». Aujourd’hui, en tant qu’association faîtière, Swiss Olympic a pour mission première de promouvoir et de soutenir ses 83 fédérations sportives. Parallèlement, Swiss Olympic procède aux sélections des sportifs d’élite en vue des Jeux Olympiques et dirige les délégations olympiques sur place.


« …for the SPIRIT of SPORT »

« La paix dans le monde, l’entente entre les peuples, la justice sociale, la réforme de l’éducation, le sport pour tous », tels étaient les objectifs ambitieux poursuivis par l’humaniste Pierre de Coubertin avec le Mouvement olympique. En tant que Comité National Olympique, Swiss Olympic contribue à la mise en oeuvre de ces objectifs et propose une série de programmes éthiques qui s’adressent aux associations sportives et aux organisateurs de manifestations sportives.

« cool and clean » est le plus grand programme de prévention dans le sport et s’engage principalement dans la lutte contre le dopage, l’abus de drogues, de tabac et d’alcool dans le sport des jeunes. Le programme « Contre les abus sexuels dans le sport » et la plate-forme environnementale « ecosport. ch » font partie des autres engagements.

En outre, depuis quelques années, les valeurs olympiques du CIO sont diffusées dans les écoles et les universités sous la notion d’« Esprit olympique », ce qui favorise leur ancrage dans la population suisse. Le principe directeur « …for the SPIRIT of SPORT » rappelle que le sport vit d’un bon esprit sportif.

Il résume les principes prônés par la Charte d’éthique du sport suisse. Le respect de ces sept principes en faveur d’un sport sain, respectueux et loyal est aujourd’hui plus que jamais un devoir pour tous les sportifs en Suisse.


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