17. septembre 2010, edy.hubacher

« Les échanges entre athlètes m’ont toujours fasciné ! »

Tout commença en octobre 1967, à St-Moritz. L'équipe nationale de ski s'y préparait, ainsi que sur le glacier du Corvatsch, en vue des JO de Grenoble. Nous, les décathloniens, nous nous y trouvions également pour nous habituer à l'altitude de Mexico. Après la promenade matinale qui nous conduisait du Piz Nair (3057m) au Lej Alv (2560m), nous nous entraînions autour du petit lac, faisions des courses de montagne et des entraînements techniques sur le terrain de polo de St-Moritz-Bad (et avions même reçu la visite du conseiller fédéral Nello Celio !)

Nous croisions les skieurs dans la « chambre de torture » ; nous nous retrouvions pour faire du tennis ou boire un jus de fruits et assistions de temps en temps à un entraînement de l'autre « faculté ». A la fin du séjour, nous fûmes invités par les skieurs à une fête dans leur hôtel. Quatre de ces champions, trois Romands et un Grison, firent ensuite oublier la déconfiture d'Innsbruck, en 1964, et firent en sorte que ce pays de sports d'hiver qu’est la Suisse soit de nouveau représenté dignement dans les statistiques des médailles olympiques.

Le parfait ignorant devient membre du comité

Vingt ans passèrent. Octobre 1987. Lors de la fête suivant l'élection d’Adolf Ogi au Conseil fédéral, je me retrouvai à table à côté de Fernande Bochatay. La médaillée de bronze aux Jeux Olympiques d'hiver de 1968, que je n'avais plus rencontrée depuis ce fameux stage d'entraînement à St-Moritz, me demanda pourquoi je n'avais jamais participé à une réunion de la communauté des participants suisses aux Jeux Olympiques. Bonne question, à vrai dire.

Quelques jours plus tard, je devenais membre de l'association fondée en 1977, que j'ai appris à connaître, ainsi que son action et ses buts, qui sont présentés dans ses statuts, acceptés le 5 septembre 2010 dans leur version actuelle par son assemblée générale. Ensuite, très vite, je participai à une première rencontre avant de finir par intégrer, quelques années plus tard, le comité des Swiss Olympians.

Déjà du temps de ma carrière sportive, les échanges entre athlètes de différentes disciplines, de différents sports, mais aussi de générations différentes, m'ont toujours fasciné. En rejoignant les Swiss Olympians, j'ai pu encore développer ces échanges. Et ce n'est pas que la camaraderie et la nostalgie qui nous réunit, car nous discutons aussi très sérieusement des problèmes du sport actuel (et des solutions envisageables).

J'ai beaucoup de plaisir à assumer les tâches que m’a confiées notre président Urs Fankhauser (participant aux Jeux Olympiques à de multiples reprises en tant que spécialiste de l'aviron et fonctionnaire) : féliciter de leurs succès les membres et ceux qui pourraient le devenir ; chercher à intéresser de nouveaux membres, aussi parmi ceux qui sont encore actifs et sous les feux de l'actualité ; organiser des manifestations. Le fait que j'aie eu la chance de participer à la fois aux Jeux Olympiques d'été et à ceux d'hiver et les relations que j’ai ainsi nouées facilitent ma tâche.

Amitiés de longue date

Cela permet de cultiver l'amitié. A titre d'exemple, j'ai donné des leçons de lancer du poids et du disque au rameur Melch Bürgin pendant ses études de maître de sport, et lui, par la suite, m'a dévoilé les secrets de l'aviron et a même fait une régate avec moi en double. Les deux, nous avons également fondé le Gentleman-Club, dont les critères d'admission sont si sévères (je n'ai pas le droit de les divulguer !) qu'aujourd'hui encore, nous en sommes les deux seuls membres.


Médaille d’or pour le bob à quatre Suisse I à Sapporo en 1972 (de g. à dr.) : Jean Wicki, Hans Leutenegger, Werner Camichel et Edy Hubacher. Hubacher, Wicki et Leutenegger sont aujourd’hui des Swiss Olympians et se rencontrent régulièrement. Werner Camichel est décédé en 2006.

Une grande camaraderie sportive me lie depuis longtemps à l'escrimeur Dani Giger. Pendant un quart de siècle, nous avons joué ensemble au tennis en interclubs et en double, quand nous ne nous sommes pas livrés à des duels acharnés. Quant aux participants de Sapporo, ils se rencontrent régulièrement dans le cadre de leur fondation destinée à venir en aide aux pratiquants de sports d'hiver tombés dans le besoin, au profit desquels un tournoi de golf est organisé chaque année.

Et il y a les réunions des Swiss Olympians, au nombre de trois à quatre par année, qui permettent de mieux faire connaissance et de développer de nouvelles amitiés. Généralement, les plus assidus sont les gymnastes à l’artistique, sans oublier les spécialistes de l'aviron, de l'athlétisme et les handballeurs souvent aussi présents.

Viktor Röthlin, Ariella Kaeslin, Fabian Cancellara, Mark Streit...

Nous avons toujours beaucoup de participants lorsqu'il s'agit d'assister à des championnats du monde, par exemple de hockey, de curling ou de ski. Athletissima et les tournois suisses de tennis et de beach-volley sont eux aussi toujours très populaires. Mais les Swiss Olympians n'entendent pas se cantonner au seul rôle de spectateur. « Do it yourself !», telle a déjà été la devise en matière de curling, de hornuss ou encore de plongeon depuis un tremplin de saut, à l'occasion du « Jump In » organisé par notre membre, le champion olympique Sony Schönbächler. La championne olympique Evelyne Leu, elle aussi membre des Swiss Olympians, avait alors incité, par ses démonstrations, les plus intrépides d’entre nous à se lancer dans de téméraires acrobaties.

Lors de l'assemblée générale du 5 septembre 2010 au Studio Leutschenbach, les 62 membres présents ont été invités à donner des idées pour de prochaines rencontres. Le nouveau site Internet a été présenté à cette occasion et a recueilli des avis favorables. Il a aussi certainement contribué à susciter en peu de temps de nombreuses nouvelles adhésions parmi lesquelles celles de Viktor Röthlin, d’Ariella Kaeslin, de Fabian Cancellara, de Dominique Gisin et de Mike Schmid. Notre participation, ensuite, à l'émission Sportpanorama de la télévision suisse alémanique, avec l'adhésion spectaculaire de son invité Mark Streit par l'entreprise du présentateur Jann Billeter et, je l'espère aussi, la publicité que j'y ai faite, devrait inciter de nombreux anciens participants aux Jeux Olympiques à venir grossir nos rangs. 


Eduard «Edy» Hubacher a pratiqué le bob et l'athlétisme. Dans les années 1960, il ait été le meilleur lanceur du poids et du disque, ainsi que le meilleur décathlonien du pays. Il a passé ensuite au bob et est devenu champion olympique de bob à quatre en 1972.
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