Le 20 août dernier, j’étais prête à sauter une dernière fois avant de m’envoler pour les Championnats du monde de Daegu, en Corée du Sud. Les conditions étaient optimales pour réussir une bonne compétition sur mon installation de saut en longueur préférée. J’aime cette installation : « mon » sautoir magique de Chiasso, là où je m’entraîne pendant la plus grande partie de l’année ; c’est là que j’ai dépassé pour la première fois la limite des 5 mètres et, quelques années plus tard, que j’ai approché les 5,50 mètres. C’est aussi sur ce sautoir que j’ai établi mon nouveau record suisse, en juin dernier avec 6,77 m, distance que j’ai aussitôt légèrement « retouchée » en la portant à 6,81 mètres.

Irene Pusterla (Source: màd, Ti-Press)
L’évènement était encore plus spécial parce que c’était mon club, le « Vigor Ligornetto », qui organisait la compétition et que beaucoup de monde était venu au stade pour me saluer et m’encourager avant mon départ. Avant la compétition, j’étais détendue et consciente de ma bonne condition physique ; mais je ressentais aussi un peu de fébrilité : d’une part, j’étais émue de voir autant d’amis ; d’autre part, cette épreuve représentait mon dernier test avant les Championnats du monde. Je me devais donc d’être très concentrée pour m’exprimer au mieux.
Après les difficultés, le grand exploit !
La compétition n’a pas vraiment bien commencé du point de vue technique, et j’ai fait de petites erreurs lors de mes trois premiers sauts. Ensuite, j’ai éprouvé des frissons, car mon 4e saut était déclaré « mordu », et donc nul. Dommage ! Car il était vraiment très long ! J’ai eu tout de suite envie de me reprendre et de relever une nouvelle fois le défi ! Au moment de sauter pour la cinquième fois, même si j’étais très concentrée, j’entendais les applaudissements du public qui m’encourageait et je sentais surtout que… j’allais sauter loin ! Après avoir visualisé mentalement le « saut parfait », j’ai pris mon élan… Une fois accomplis les premiers pas, je me suis arrêtée de penser : tout devait venir de soi, automatiquement… Le rythme de l’élan était bon, la détente puissante, le saut… très long ! Au-delà du drapeau qui indiquait mon record de Suisse précédent, à 6,81 m !...

(Source : màd, Ti-Press)
Un grand saut !
Cette fois, je me suis tout de suite rendue compte que mon saut pouvait être « un grand saut ». Pourquoi ? Je ne sais pas ! Je me pose encore aujourd’hui cette question… Mais, grâce à cette performance, j’ai amélioré mon propre record de Suisse, le portant à 6,84 m !
Quand la mesure a été officiellement communiquée, l’explosion de joie a été immense ! Un moment inoubliable que j’ai pu partager avec ma famille, mon entraîneur, mes amis, toutes les personnes du club « Vigor Ligornetto » présentes.
Toutes ces émotions me manqueront au cours des prochains mois. Mais j’espère vivement pouvoir les vivre à nouveau la saison prochaine. Et peut-être à Londres aussi, lors des Jeux Olympiques !
Dans le cadre de la série « Road to London », nous accompagnons cinq sportives et sportifs en route pour les Jeux Olympiques de Londres.
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