Marc-André Giger a été pendant près de quatre ans directeur exécutif de Swiss Olympic. Fin août, le citoyen de Bâle-Campagne a quitté l’Association faîtière du sport suisse. Dans « L'entretien » qui suit, il revient sur ses réussites et ses échecs, et se réjouit d'avoir plus de temps, dorénavant, pour faire du sport.

Marc-André Giger, vous avez quitté Swiss Olympic après quatre petites années. Pourquoi ?
J'ai pris ma décision en fonction du cycle olympique, qui s'étend sur quatre ans. Après les Jeux de Vancouver 2010, se posait à moi la question de savoir si j’allais rester quatre ans de plus à Swiss Olympic. A 49 ans, j'ai choisi de franchir un palier supplémentaire dans le domaine d'où je viens, la communication, raison pour laquelle je suis à la recherche d'une entreprise qui souhaite utiliser le réseau que j’ai tissé avec des politiciens au Palais fédéral, les médias locaux et nationaux, ainsi que de nombreuses entreprises privées. En outre, je dispose d'expérience dans le domaine de la conduite et de grandes connaissances en matière de communication d'entreprise et d’affaires publiques. Ne reste plus qu’à savoir où je vais travailler.
Quels sont les succès obtenus au cours de ces quatre dernières années dont vous êtes particulièrement fier ?
Une lutte contre le dopage crédible, c'est ce qui a été le plus important à mes yeux. Elle ne peut l’être que si elle est menée par une fondation indépendante, raison pour laquelle l'avons dissociée de Swiss Olympic et créé la fondation Antidoping Suisse. Le fait que nous ayons pu augmenter les recettes marketing de 30 % est un beau succès. Nous avons aussi réussi à éviter que le sport ne souffre d'une imposition excessive de la TVA et, enfin, nous avons permis à nos athlètes de s'exprimer dans des conditions parfaites à Vancouver. Neuf médailles ont été la récompense de ces efforts.
Y a-t-il aussi eu des échecs ?
Bien sûr. Par exemple, nous avons deux fois tenté en vain d'obtenir du Parlement plus d'argent pour la lutte contre le dopage. Mais la troisième fois aura finalement été la bonne.
Le plan directeur de Swiss Olympic précise que « par son engagement, [l'organisation] participe au développement du sport de haut niveau ». Après quatre ans, quel est votre bilan sur ce plan ?
Les Jeux Olympiques ont grandi du point de vue de la taille, des coûts et des aspects commerciaux. C'est une réalité, et nous faisons avec. Il y a une année, nous avons engagé, avec Gian Gilli, une personnalité charismatique au poste de responsable du sport d’élite et des missions olympiques. Il personnifie comme nul autre le sport de haut niveau et je suis persuadé qu'il va mettre en place des conditions encore meilleures pour les meilleurs athlètes de notre pays.
On entend de temps en temps que Swiss Olympic n’en fait pas assez pour le sport populaire. Qu'avez-vous à répondre à ces critiques ?
De par la nature des choses, les activités de Swiss Olympic dans le domaine du sport populaire se déroulent à l'ombre du sport de haut niveau, qui est bien plus présent auprès du public. Swiss Olympic soutient le sport populaire de nombreuses manières, je pense par exemple à tous les cycles de formation destinés à accroître les compétences des responsables de fédération et de clubs que nous avons mis sur pied, ou à Swiss Olympic Volunteer, un programme qui contribue à coordonner et à mettre en valeur le travail réalisé par les 630 000 bénévoles du sport suisse.
Daniel Suter prendra votre succession le 1er mars 2011. Qu'avez-vous à lui offrir ?
C'est un sentiment agréable que de savoir que mon successeur reprendra une association saine dans ses fondements. Après avoir dû enregistrer un déficit important en 2008 par rapport au budget, nous avons bouclé l’exercice 2009 sur un léger bénéfice de 150 000 francs. 2010 paraît aussi être une bonne année de ce point de vue.
Reste-t-il des chantiers entamés ?
Le positionnement de l'Office fédéral du sport (OFSPO) et de Swiss Olympic en matière de sport d'élite restera à coup sûr un thème d'actualité. La concentration sur le sport de haut niveau est toujours plus forte et des discussions très approfondies devront être menées à ce sujet.
Aurez-vous à nouveau plus de temps pour faire du sport ?
Oh oui, je serai bientôt dans la forme de ma vie ! (Il rit). Plus sérieusement, je vais à coup sûr pouvoir courir davantage dans les magnifiques forêts et la belle nature de Bâle-Campagne. Et je vais certainement enfourcher plus souvent mon vélo de course.