8. février 2011, swiss.olympic

« J’aime le changement et relever de nouveaux défis »

Fabienne Reuteler a occupé le devant de la scène durant l’âge d’or du snowboard suisse. En août 2010, elle a épousé le snowboardeur professionnel américain Josh Dirksen et s’appelle désormais Fabienne Dirksen. A part son mariage, sa vie a changé à beaucoup d’autres niveaux depuis son retrait en 2004.

Fabienne Dirksen, vous avez été snowboardeuse professionnelle jusqu’en 2004. Qu’est-ce qui vous a motivée à vous retirer ?

Pendant dix ans, j’ai tout consacré au snowboard et, en 2004, j’ai décidé qu’il était temps que je termine mes études d’économie et que je fasse mes premiers pas dans le monde du travail. J’aime le changement et relever de nouveaux défis. La vie est courte et je souhaiterais profiter de la mienne pour vivre le plus grand nombre d’expériences différentes possible. En snowboard, j’ai atteint tous mes objectifs. En 2004, il était temps que je passe à autre chose.

    

    Fabienne Reuteler à Salt Lake City 2002...(Photo: Keystone)  ...et après son carrière au Peru.

En disant adieu à la compétition, de quoi vous êtes-vous le plus réjouie ? Et à l’inverse, de quoi aviez-vous peur ?

Je me réjouissais surtout d’avoir à nouveau du temps libre, d’être davantage à la maison et de pouvoir voir ma famille et mes amis plus souvent. Je n’avais pas de crainte particulière. J’avais pris une décision et me réjouissais de ce changement.

Comment et combien de temps après votre retraite sportive avez-vous trouvé un emploi ? Et dans quel domaine ?

J’ai terminé mes études d’économie en 2006 et j’ai tout de suite trouvé du travail chez Infront Sports & Media au sein de l’équipe en charge des sports d’hiver. J’ai pu démarrer dans le marketing sportif grâce à Bruno Marty. Il est directeur exécutif chez Infront dans le secteur des sports d’hiver et m’a chargée du marketing pour les coupes du monde de bobsleigh, de skeleton et de luge. Grâce à Infront, j’ai également pu travailler aux CM IIHF de hockey sur glace à Québec.

Et qu’avez-vous fait ensuite ?

Après deux ans chez Infront, j’ai voulu réaliser mon rêve de faire le tour du monde. J’ai démissionné, rendu les clés de mon appartement et j’ai voyagé pendant une année avec ma planche de surf et mon snowboard depuis l’Amérique du Nord jusqu’à l’Amérique du Sud, en passant par l’Amérique centrale. Ce voyage a été très enrichissant. Pendant mon séjour en Amérique du Sud, j’ai travaillé pendant cinq semaines dans un quartier pauvre du Pérou et j’y ai découvert une autre facette de la vie. J’ai été très marquée par ces expériences.

Où travaillez-vous aujourd’hui ?

Lorsque j’étais au Chili, j’ai un jour reçu un courriel de mon père. Il m’y annonçait qu’une entreprise de marketing sportif allait ouvrir ses portes à Wollerau et me conseillait de poser ma candidature pour y travailler. A ce moment-là, je n’avais naturellement aucune envie d’entendre parler de travail. Mais il s’est avéré par la suite que, comme d’habitude, mes parents avaient eu raison. A mon retour, je me suis présentée à Christian Pirzer, le directeur exécutif de FIS Marketing AG à Wollerau, et j’ai immédiatement été embauchée. Je travaille maintenant depuis plus d’une année pour la nouvelle agence de marketing de la Fédération Internationale de Ski. Ce poste me plaît et m’incite à aller de l’avant.

Aviez-vous déjà envisagé votre reconversion avant votre retraite sportive ?

Bien sûr. J’ai toujours gardé un pied dans la « vraie » vie afin de maintenir le plus de portes ouvertes possible. Déjà après la maturité, je me suis lancée dans des cours par correspondance distillés par l’Université de Hagen, une université d’enseignement à distance.

A quels problèmes avez-vous été confrontée pendant et après votre retrait de la compétition ?

A l’époque où je pensais à me retirer, j’en ai parlé avec beaucoup d’amis et avec ma famille. Tout le monde avait un autre avis et personne n’a su me dire si je devais me retirer et quand était le bon moment. Cela a été très difficile pour moi. Au final, c’était à moi de prendre la décision. En quittant le sport d’élite, il faut apprendre à accepter que l’on intéresse de moins en moins de monde. Tout à coup, il faut à nouveau payer pour tout, alors qu’avant de nombreuses choses nous étaient offertes (voitures, habits, verres de contact, abonnements de ski, etc.). Le téléphone n’affiche plus neuf appels en absence lorsque l’on revient d’une sortie en snowboard. La vie après le snowboard est une situation totalement nouvelle et pas facile.

Et comment avez-vous vécu le fait d’avoir soudain beaucoup plus de temps libre ? Comment votre corps a-t-il réagi ?

J’ai savouré d’avoir de nouveau du temps libre. J’ai recommencé d’anciens hobbys et j’ai passé beaucoup de temps avec mes amis et ma famille. Je n’ai jamais arrêté de pratiquer régulièrement du sport et n’ai donc pas eu de problème avec mon corps.

Dans quelle mesure votre environnement a-t-il changé après votre retraite sportive ?

Mon environnement a beaucoup changé. J’ai quitté mon environnement familier et je n’ai plus beaucoup revu la plupart de mes amis du milieu de la Coupe du monde de snowboard depuis mon retrait. En contrepartie, je me suis fait de nouveaux amis pendant mes études et au travail. J’ai encore un bon contact avec la plupart de mes sponsors. Je fais toujours partie du cercle rapproché de Salomon et de Bonfire. Je dévale encore les pistes sur des planches Salomon avec des habits Bonfire. Ce sont de bonnes collaborations qui ont perduré et que j’apprécie énormément. Je suis contente d’avoir toujours gardé contact avec mes « anciens » amis. La famille et les bons amis sont restés une valeur sûre. Ils ont beaucoup d’importance pour moi et ont été d’un grand soutien.

Quelle importance votre réseau sportif et vos expériences de sportive d’élite ont-ils revêtu dans votre recherche d’emploi ?

Le réseau que je m’étais constitué en tant que sportive d’élite m’a beaucoup aidée dans ma recherche d’emploi. Mes expériences également, comme j’avais dû apprendre à me vendre moi-même en tant que sportive d’élite.

De quelles qualités propres à une sportive d’élite tirez-vous profit encore aujourd’hui ?

Je suis ambitieuse et très appliquée dans tout ce que je fais. J’ai également conservé un certain sang-froid et essaie toujours de tirer le meilleur de toute situation.

Aujourd’hui, quelle importance le sport a-t-il dans votre vie ?

Le sport est ma priorité. J’en fais pratiquement tous les jours : je fais de la course à pied ou de la musculation à midi ou alors du ski de fond le soir à Rothenthurm. Et le week-end, je vais faire du snowboard à Hoch-Ybrig !

Portrait :
Nom :
Fabienne Dirksen (-Reuteler)
Age : 31
Spécialité sportive : snowboard half-pipe (de 1997 à 2004)
Meilleurs résultats : championne du monde juniors de half-pipe en 1999, championne du monde de half-pipe en 2002, médaille de bronze de half-pipe aux Jeux Olympiques de 2002 à Salt Lake City
Dernière formation : études d’économie
Profession : marketing sportif

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