A Londres, le Suisse Philipp Mosimann propose des délices culinaires de haut vol avec le service traiteur haut de gamme « Mosimann’s Club » et compte, entre autres clients, la famille royale britannique. Lors des Jeux Olympiques de Londres 2012, Mosimann, qui est lui-même un sportif de l'extrême, se retrouvera non seulement aux fourneaux de la « House of Switzerland », mais officiera également en tant qu'Attaché du Swiss Olympic Team. Avec beaucoup de fierté, comme il tient à le souligner dans l'interview qui suit.
Philip Mosimann, vous avez récemment servi le repas de mariage du prince William et de Kate et, l'été prochain, vous travaillerez pour la Suisse pendant les Jeux Olympiques de Londres. Quel est l’événement qui a plus d'importance à vos yeux ?
Les deux sont tout aussi importants et me remplissent de fierté. Chaque client que nous servons est un honneur pour nous. Nous voulons qu’il vive une expérience inoubliable chez nous. Je suis fier, très fier, de représenter la Suisse à Londres. Et je me réjouis de cette mission.

L’équipe parfaite (1) : Philipp Mosimann (à droite) avec son père (à gauche) et son frère (au milieu) Images : màd
Vous allez choyer les hôtes de la « House of Switzerland » pendant les Jeux. Dans le même temps, vous serez également l’Attaché du Swiss Olympic Team 2012 et ferez donc un peu partie de la délégation suisse. De laquelle de ces tâches vous réjouissez-vous le plus ?
Je suis heureux de faire partie de l’« équipe » suisse à Londres. Mon but est de proposer à nos hôtes une nourriture de choix dans une super ambiance. En tant qu’Attaché, je me réjouis de rencontrer beaucoup de gens et de répondre à leurs besoins. L'atmosphère et l'ambiance des Jeux Olympiques sont uniques. A Pékin et à Vancouver déjà, nous avions cuisiné, mais pour le CIO. Maintenant, le fait de représenter la Suisse à Londres, c'est un rêve devenu réalité.
Vous êtes le fils du fameux chef suisse Anton Mosimann et avez grandi à Londres, mais vous parlez couramment le suisse-allemand et avez étudié à Lausanne. Quels liens entretenez-vous avec la Suisse ?
J'aime la Suisse ! C’est ma seconde patrie. Ma parenté y vit et j'y suis aussi souvent pour affaires. Et j'aime passer mes vacances à la montagne. Je me sens parfois plus Suisse que les « vrais » Suisses. Il est très agréable, pour un Suisse, de vivre à Londres. Les Anglais sont fascinés par notre pays.
Vous connaissez très bien Londres et vous êtes très bien introduit dans la haute société londonienne. En quoi cela peut être utile à la délégation suisse et quelles sont exactement vos fonctions en tant qu'Attaché ?
Actuellement, j’assume des tâches de coordination et d'organisation, en particulier pour les partenaires et les responsables de l’organisation de Swiss Olympic. Je suis leur interface, j'organise des rencontres, mets des personnes en contact, leur permets d’établir des liens. Et je suis leur point de chute à Londres. Pendant les Jeux, je vais sûrement devoir satisfaire certaines demandes spéciales d’athlètes ou d’hôtes VIP. Je me considère comme une sorte d’ambassadeur pour la Suisse. C'est un très grand honneur.
A quoi peuvent s'attendre les hôtes de la « House of Switzerland » ?
A une cuisine londonienne d'inspiration internationale. Des mets raffinés, des produits très frais, des saveurs exceptionnelles. Pour nos hôtes internationaux, nous proposerons des classiques de la cuisine suisse, et nos hôtes suisses pourront découvrir la cuisine britannique. Notre objectif est que la « House of Switzerland » soit sur toutes les lèvres pendant les Jeux. Les gens doivent parler de nous.
Vous n'êtes pas seulement un traiteur de grande renommée, mais aussi un coureur à pied passionné. Qu'est-ce que le sport signifie pour vous ?
Le sport est très important, c'est pourquoi cet engagement dans le cadre des Jeux Olympiques est comme un rêve pour moi et me permet de combiner le sport avec mon travail. Avec mon frère, nous aimons courir le marathon. Chaque année, nous faisons quelque chose d'extrême. Cette année, ce sera l'Ultra-Trail du Mont-Blanc, une course de 300 km autour du Mont Blanc, avec 20 cols et 25 000 m de dénivelé. En novembre, nous courrons au Népal le marathon de l'Everest, d'une longueur de 250 km. Avec notre travail, ce n'est pas facile pour nous de nous entraîner suffisamment, mais nous essayons ! Nos collaborateurs aussi sont tous très sportifs ! Chacun a sa marotte sportive. C'est fantastique !

L’équipe parfaite (2) : Les frères Mosimann dans le désert de la Namibie..
Est-ce que le marathon olympique sera, pour vous, le moment le plus attendu des JO de Londres 2012 ?
Absolument ! Comme le triathlon, d'ailleurs, et le 100 m.
Les Londoniens sont-ils fiers que les Jeux olympiques se déroulent dans leur ville ?
Oui, très fiers. L'Angleterre a toujours été une grande nation de sport, dans le domaine de l'organisation d'événements également. Ils pourront montrer au monde entier leur savoir-faire.
Ressent-on déjà un peu d'euphorie olympique à Londres ?
Cela viendra, en particulier après le lancement, le 27 juillet prochain, du compte à rebours officiel à une année des JO. Les Anglais, habituellement très critiques, voient d'un très bon œil ces Jeux. Tous sont surpris de constater que déjà 70 % des stades sont construits. Les Jeux viennent à point nommé : après le mariage du Prince William et de Kate, les gens les attendent désormais avec impatience – après la crise économique, ils veulent du positif, ils veulent avoir un motif de se réjouir. Même en termes de sécurité, ils sont très optimistes – le mariage a été un test fantastique sur ce plan.
Est-ce que la ville va changer avec les Jeux olympiques ?
Oui, certainement. Les Jeux de Londres seront une source nouvelle de fierté et rassembleront les Anglais. Londres deviendra de nouveau une ville phare et pourra démontrer qu'elle est capable d'organiser des événements de classe mondiale. Tant de sponsors et partenaires viendront ; pour la ville, cela offrira des perspectives intéressantes pour la suite, en particulier dans le domaine de l'événementiel.
Quels seront les plus grands défis à relever pendant les Jeux ?
Selon les Anglais, les transports. Mais ils travaillent dur pour régler ce problème. Pendant les JO, il y aura sans doute même moins de bouchons que d'habitude, parce que tout se concentrera sur les Jeux et qu’il y aura moins de touristes journaliers.

L’équipe parfaite (3) : Le « Club Mosimann » chargé du catering aux Jeux Olympiques de Pékin en 2008.
Et pour vous, quel sera votre plus grand défi ?
Le temps ! Les journées ne sont pas assez longues ! Je voudrais m'extraire de mon domaine d'activité, vivre tous les aspects des Jeux, les compétitions, l'atmosphère – et cela jour et nuit. Mais vous ne pouvez pas être partout. Je vais essayer, cependant, de voir un peu de tout.
Quel athlète suisse aimeriez-vous rencontrer pendant les Jeux ?
Viktor Röthlin ! Et Roger Federer ! J'ai rencontré Simon Ammann à Vancouver, cela a été un moment très fort ! Mais, en fait, je voudrais faire la connaissance de tous les athlètes suisses. Je les accueillerai en tous les cas à bras ouverts. Ce sera un événement marquant pour moi.
Et si Roger Federer et Andy Murray devaient disputer la finale du tournoi olympique de tennis à Wimbledon, pour qui tiendriez-vous ?
Pour Federer et la Suisses, cela ne fait pas l'ombre d'un doute !
Personnel :
Philipp Mosimann (36 ans) est le fils du célèbre cuisinier suisse Anton Mosimann. Avec son frère Mark (34 ans), il dirige l'entreprise familiale de restauration « Mosimann’s Club » à Londres, qui cuisine régulièrement pour la famille royale britannique, notamment. Philipp Mosimann a grandi à Londres, mais se sent « cent pour cent » suisse, comme il l'a affirmé dans une interview récente. Pendant les Jeux Olympiques de Londres 2012, il sera responsable de la cuisine à la « House of Switzerland » et œuvrera en tant qu’Attaché du Swiss Olympic Team 2012.