« Qu’en est-il de l’alcoolodépendance dans le sport ? », a demandé Swiss Olympic mi-mai à l’occasion du lancement de la semaine alcool. Pendant dix jours, ce thème a été débattu en interne et en externe. Judith Conrad, responsable du département Ethique et Formation chez Swiss Olympic, fait le bilan de cet échange.

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Judith Conrad, pour quelle raison Swiss Olympic a-t-elle parrainé la semaine alcool ?
Nous ne voulons ni ne pouvons ignorer le thème de l’alcool dans le sport. C’est pourquoi notre participation à la semaine alcool était une évidence pour nous. Il ne s’agit pas d’interdire l’alcool dans le sport, mais de faire en sorte que le sport n’en pâtisse pas. La question est de savoir quand, où et dans quelle mesure on consomme de l’alcool.
Quelles activités Swiss Olympic a-t-elle organisées pendant la campagne ?
Nous avons préalablement fourni du matériel d’information et de campagne à nos 83 fédérations membres. Notre objectif était d’inciter les gens à réfléchir et à discuter entre eux grâce à des affiches provocantes comprenant une image et un slogan. A la Maison du Sport, où travaillent quelque 400 personnes, nous avons disposé des bouteilles de bière vides sur les tables de la cantine, ce qui a suffi pour susciter de premières réactions. En outre, sur la page Facebook de Swiss Olympic, nous avons posé des questions provocantes sur le thème de l’alcool afin de lancer un débat.
Quel bilan tirez-vous de ces dix jours de discussion ?
La semaine alcool a confirmé nos impressions : le thème est controversé et les avis divergent : certains prônent le « zéro pour mille » ; d’autres estiment que « les victoires sont aussi belles sans alcool » ; d’autres encore affirment que « sans l’industrie de l’alcool, le sport serait mort depuis longtemps ». La plupart des feed-back que nous avons reçus confirment toutefois que tout est une question de quantité. Dans un sondage non représentatif, 80 personnes sur 122 ont déclaré que « l’alcool et le sport ne font pas bon ménage ».
Quel avenir pour le thème de l’alcool dans le sport ?
Il est important que nous continuions de nous intéresser à ce sujet. Swiss Olympic le fait d’ailleurs tout au long de l’année par le biais de « cool and clean », dont le quatrième engagement est le suivant : « Je renonce au tabac et au cannabis et, si je bois de l’alcool, je le fais toujours de manière responsable ! ». Notre but n’est pas d’imposer une tolérance zéro, comme beaucoup le pensent à tort, mais de savoir quand, où et surtout combien. Nous préconisons donc une consommation responsable d’alcool. Les bagarres et les comas éthyliques n’ont pas leur place sur les terrains de sport.
Judith Conrad est responsable du département Ethique et Formation chez Swiss Olympic.
Pour de plus amples informations : www.je-parle-d-alcool.ch