Hans-Peter Birchler, vous êtes chef Télémark chez Swiss-Ski. Présentez-nous votre sport en trois phrases.
Le télémark est la technique de ski originelle. Elle doit son nom à la province de son inventeur, un Norvégien. C’est sans doute la plus belle façon de skier : en raison de l’absence de fixation au talon, on fléchit la jambe. Cependant, même si le sportif s’agenouille avec recueillement à chaque virage, il n’est de loin pas un saint ! Il y a trois disciplines de télémark : le slalom géant (semblable au slalom géant de ski alpin, mais comportant toujours un saut d’environ 25 mètres : la distance de saut et la qualité de la réception sont alors évaluées), le classic (une course sur une piste divisée en différentes parties comprenant des portes de slalom géant, des virages parois à pic, des passages de skating et un tremplin de saut) et le sprint classic (semblable au classic mais comportant deux manches sur un parcours plus court).

De quoi a-t-on besoin pour pratiquer le télémark et que coûte l’équipement ?
La pratique de ce sport exige simplement des fixations de télémark et des chaussures spéciales. Le reste de l’équipement (skis, vêtements, etc.) est le même que pour le ski alpin. Le prix des fixations et des chaussures correspond à celui qu’il faudrait dépenser pour acheter les mêmes articles pour le ski alpin, mais dans la plus haute fourchette de prix, car le matériel de télémark est produit à bien moins grande échelle.
Combien y a-t-il de pratiquants et de clubs en Suisse ?
Nous ne savons pas exactement combien de personnes sont touchées par la fièvre du télémark. Cependant, ce sport de neige est actuellement celui qui attire le plus de nouveaux adeptes. De nombreux coureurs le pratiquent en plus d’une autre discipline hivernale. En Suisse, il existe assez peu de clubs de télémark au sens strict ; souvent, les personnes pratiquant ce sport se regroupent au sein d’une section d’un club de sports de neige. Au niveau du télémark de compétition, nous disposons d’une équipe nationale composée de trois hommes et de deux femmes, et d’un cadre B composé d’un homme.
Quelles sont les qualités requises ?
La polyvalence ! Viennent ensuite le courage, l’adresse, le sens de l’équilibre et l’endurance. Pour concourir dans les disciplines FIS, le coureur doit pouvoir skier, sauter et faire du skating avec le même matériel au cours d’une seule et même manche ! La saison passée, l’équipe suisse de télémark s’est d’ailleurs distinguée par 23 victoires en 23 courses de Coupe du monde ! Une fois de plus, Amélie Reymond, vainqueur au classement général de la Coupe du monde, a laissé la concurrence loin derrière elle. Cette saison, elle a de nouveau brillé en remportant les cinq courses de Coupe du monde organisées jusqu’ici.
Pourquoi le télémark est le plus beau sport du monde ?
Le fait que le talon reste libre et le sentiment de liberté qui en découle ! Voilà qui fait surgir de nouveaux défis dans le combat infini contre le déséquilibre !
Pour de plus amples informations : www.swiss-ski.ch.