22. mars 2012, enrico.demaria

Troisièmes JO pour Enrico De Maria


Images: màd

Nous, c’est-à-dire Flavio Marazzi et moi-même, venons de revenir en Suisse pour deux semaines et demie, ce qui est assez exceptionnel dans notre vie de régatiers. Car, en temps normal, nous sommes toujours quelque part en route d’une régate à l’autre.

Nous nous entraînons toujours plusieurs semaines sur le plan d’eau qui accueillera la prochaine compétition. Mon amie, quant à elle, reste en Suisse – je suis absent pour le travail, après tout –, et nous ne nous voyons pas souvent. C’est la raison principale pour laquelle je commence à me lasser de ma vie de jet-setter : avion, auto, hôtel, port, c’est à peu près tout ce que nous voyons dans notre vie quotidienne. Et, la plupart du temps, ce n’est pas vraiment un temps pour se promener en maillot de bain... Par conséquent, il est temps qu’arrivent les Jeux Olympiques de Londres et après, sans doute, je pense que je raccrocherai. En plus, la classe des Starboot risque de ne même plus être olympique à l’avenir, ce qui réglerait de toute façon la question.

Les JO de Londres 2012 sont, pour Flavio et moi, nos troisièmes Jeux Olympiques, déjà. A Athènes, en 2004, et à Pékin, en 2008, nous avons à chaque fois échoué au pied du podium en terminant quatrièmes, puis cinquièmes. Notre objectif déclaré est de remporter une médaille. Nous avons déjà assuré une place pour la Suisse, et si aucun autre équipage suisse ne se classe mieux que nous à ces championnats du monde, nous serons du voyage de Londres.

Si peu de temps avant les Jeux, l’entraînement reste le même que durant les quatre dernières années. La motivation est bien là, mais il faut le reconnaître : s’entraîner, c’est aussi parfois aller au turbin ! Parfois on a du plaisir, et parfois, on n’a pas trop envie. Mais au plus tard sous la douche chaude, je vois tout cela sous un jour meilleur. En tant que spécialiste de la voile, je mène une vie relativement normale. Bien sûr que je fais attention à ce que je mange, mais pas autant qu’un marathonien comme Viktor Röthlin.

Flavio et moi formons une bonne équipe. Parfois notre relation prend la forme de l’amitié, parfois d’une relation de travail, cela dépend des jours. Du lever au coucher, nous passons toute la journée ensemble. Alors, on est quand même content de disposer d’une chambre individuelle. Parce que s’il y a des tensions entre nous, cela se remarque rapidement sur le bateau – nous naviguons de manière beaucoup plus crispée.

La dernière Olympiade, c’est-à-dire le cycle de quatre ans qui a débuté après la fin des Jeux de Pékin 2008, a été très variée. La première année, j’ai travaillé à 50 % chez Shiptech, un architecte naval. Je voulais faire quelque chose de nouveau, et cela a été une chouette expérience. Puis il y a eu des régates à Miami, en Australie, à Rio de Janeiro, cela a été magnifique d’y faire de la voile. J’y ai vécu des choses fortes, que je n’aurais jamais vécues si je n’avais pas été un sportif.

Athènes et Pékin restent de bons souvenirs, nous y avons fait de très bonnes expériences. Les Jeux Olympiques sont un événement exceptionnel et pourtant, il faut aborder la compétition comme n’importe quelle autre pour ne pas se laisser gagner par la nervosité. Et les régates aux Jeux Olympiques ressemblent finalement à n’importe quelle autre régate, sauf qu’il y a moins de bateaux en lice. Et peut-être plus de spectateurs, mais on ne s’en rend pas vraiment compte, parce qu’on ne les voit de toute façon pas. Cela dit, ce sera quand même autre chose que de se trouver à Weymouth plutôt que dans la lointaine Chine. Des connaissances viendront sûrement nous voir, mais il est vrai, aussi, que cela avait déjà été le cas à Pékin.

Notre expérience des Jeux nous sera utile, à Londres. Nous savons à quoi nous attendre. Les régates se sont déroulées à Pékin de la même manière qu’à Athènes, et ce sera de nouveau le cas, ici, à Londres.

La côte dans les environs de Weymouth est très belle et, jusqu’à présent, nous avons toujours eu de la chance avec le temps. Il y a des navigateurs qui prétendent qu’il faut avoir navigué cent fois à un même endroit pour connaître suffisamment bien les conditions qui y règnent. Quant à moi, je pense que, en fin de compte, gagne celui qui navigue le mieux, peu importe le temps qu’il a passé sur place. Alors autant s’entraîner à un endroit comparable et que l’on aime.

Désormais, nous partons pour Miami pour nos prochaines régates. Ensuite, il y aura la série de Coupe du monde à Palma et les championnats d’Europe, puis les mondiaux en mai. Bref, nous aurons du pain sur la planche avant les Jeux de Londres et nous aurons encore le temps de nous réjouir de ceux-ci. (Propos recueillis par Manuela Ryter)

Le navigateur Enrico De Maria (35 ans) représente, avec son coéquipier Flavio Marazzi, un des plus sûrs espoirs de médaille suisse à l’occasion des JO de Londres 2012. Après une quatrième place aux JO d’Athènes 2004, puis une cinquième à ceux de Pékin 2008, l’objectif de l’équipage Marazzi/De Maria à Londres est clair : la médaille d’or ! De Maria a fêté son premier grand titre international en 2001 lorsqu’il est devenu champion du monde de la classe des Farr40, avant de remporter l’America’s Cup en 2003 et en 2007 avec le Team Alinghi et le titre de champion du monde de 5,5 m en 2004.

Dans la série « Road to London », nous accompagnons cinq les athlètes sur le chemin qui doit les mener aux Jeux Olympiques de Londres.

Flavio Marazzi & Enrico De Maria

Egalement dans la série « Road to London » :


Ralph Näf

Irene Pusterla

Nicola Spirig

Stanislas Wawrinka

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