Les championnats du monde de ski sur herbe auront lieu à Atzmännig-Goldingen du 30 août au 4 septembre 2011. L’occasion était belle de demander à Clemens Caderas, entraîneur national à Swiss Grasski, de nous présenter ce sport méconnu – et nous avons découvert des choses intéressantes !
Clemens Caderas, présentez-nous votre sport en trois phrases.
Du point de vue technique, le ski sur herbe est très proche du ski alpin. Il peut être pratiqué partout dès lors que la pente n'est pas trop bosselée. Etant donné le nombre restreint de pratiquants, il n'y a pas d'agitation ni de stress sur les pistes… ni d'attente au bas des remontées, et les courses se déroulent dans une atmosphère familiale, tout le monde donnant volontiers un coup de main.

Image : Clemens Caderas
De quoi a-t-on besoin pour pratiquer le ski sur herbe et que coûte l'équipement ?
Celui qui participe à des compétitions internationales aura besoin de trois paires de ski, une pour le slalom, une pour le slalom géant, une pour le super G, les trois disciplines de notre sport. Les skis font entre 85 et 97 centimètres de long et coûtent entre 500 et 700 francs, les modèles à roulettes étant les plus chers. A part cela, du casque aux chaussures, l'équipement est le même que pour le ski alpin. Cela étant, le bricolage joue un rôle important : les coureurs peuvent investir énormément de temps pour entretenir et améliorer leur matériel en vue de le rendre plus rapide.
Combien y a-t-il de pratiquants et de clubs en Suisse ?
Il y a, en Suisse, quelque 40 skieurs et skieuses actifs pratiquant régulièrement ce sport et cinq clubs de ski sur herbe. Sinon, on voit aussi, ici ou là, des clubs ou des groupements qui, pour changer un peu, goûtent un peu au ski sur herbe : des sociétés de gymnastique, des groupements de jeunes skieurs, des groupements professionnels, qui organisent pour le plaisir une manifestation de ski sur herbe. Il faut dire que c'est un sport qui permet de découvrir de nouvelles sensations.

Image : Clemens Caderas
Quelles sont les qualités requises ?
Un bon skieur sur herbe est doté d'une bonne technique de ski et d’une condition physique suffisante. De la mi-avril à fin septembre, il doit trouver le temps nécessaire pour s'entraîner de manière intensive. Il doit aussi être très soigneux et disposer de suffisamment de savoir-faire technique pour entretenir son matériel. Et, évidemment, il y a aussi les compétitions : celles-ci ont généralement lieu à l'étranger, en République tchèque, à l'est de l'Autriche et en Italie, voire en Iran, où l'on a construit il y a plus de 10 ans la première remontée mécanique du pays à plus de 3000 m et où on a planté de l'herbe sur des montagnes arides. Les Iraniens ont une excellente équipe de ski sur herbe et, outre des manches de Coupe du monde, ils ont déjà accueilli les championnats du monde. La Libye s'est elle aussi récemment dotée d'une piste de ski sur herbe. Ce sport est une alternative très intéressante pour des pays dans lesquels il n'est pas possible de pratiquer le ski alpin.
Pourquoi le ski sur herbe est le plus beau sport du monde ?
D'une part en raison de la technique de ski et du matériel ; d'autre part, en raison de la possibilité qu'il offre de découvrir de nouveaux pays, et de l'atmosphère familiale qui règne lors des compétitions : à l'intérieur de la communauté du ski sur herbe, chacun aide l'autre, et cela sans considération de pays. Et bien sûr, ce sport est encore plus beau lorsque l'on remporte des succès !