19. octobre 2010, dany.gehrig

Les sensations du Gigathlon dans l’Himalaya

Un récit de voyage de Dany Gehrig, président du Gigathlon :

« Tandis que nous arrivons au camp de base avancé (« advanced base camp », ABC) du Cho Oyu (Tibet, 8201 m) après avoir réussi l’ascension du Ninchin Kangsa (Tibet, 7206 m), je me sens tout de suite chez moi. Comme au Gigathlon, les tentes igloo sont alignées les unes à côté des autres. Au total, environ 400 personnes sont rassemblées dans le camp, et, dans la faible densité de l’air à 5500 m d’altitude, attendent une météo plus clémente…

En dehors de cela, le Gigathlon a des choses à apprendre de ces expéditions commerciales.
La tente de ravitaillement est incomparable : des chaises de camping confortables à la place des bancs de bois durs. Des fleurs ornent même les tables, bien qu’il s’agisse de fleurs qui survivent en altitude et qui n’ont pas besoin d’eau. Après le repas, chacun reçoit une bouillotte chaude à glisser dans le sac de couchage.

Un autre facteur de bien-être : pas de longs temps d’attente dans les embouteillages. Même si le Gigathlon a réalisé d’énormes progrès dans ce domaine depuis que les transports publics sont davantage impliqués. Certes, nous avons dû faire preuve d’un peu de patience pour nous rendre à l’ABC. En effet, les 60 yaks qui nous précédaient et qui portaient les quelque 3,5 tonnes de matériel pour l’expédition suisse de 15 personnes, à laquelle nous nous étions joints, n’avançaient pas vraiment à grande vitesse. Il ne manquait rien, du four à la douche solaire en passant par la machine à sodas. D’embouteillages il sera également question plus tard, au sommet de la montagne, à cause des cordes fixes qui forment chacune un goulot et engendrent des temps d’attente.

La véritable performance doit toutefois être produite en montagne, ce qui est rassurant. Pour grimper au sommet, il faut toujours mobiliser ses propres forces, tandis que le transport des effets personnels pour 1,50 dollar par kilo jusqu’au camp situé à 6500 m peut être confié à des porteurs tibétains chaussés de tennis.


En ce qui concerne les toilettes, par contre, le Gigathlon a une sérieuse longueur d’avance. J’en suis presque arrivé à me languir des installations sanitaires mobiles et propres. Dans l’ABC, nous disposons simplement d’un trou creusé entre les pierres, qui est en outre rempli à ras bord au moment de notre arrivée tardive à l’ABC…

Au Gigathlon, il arrive que les gigathlètes soient à bout de souffle. Ici, à une altitude qui varie entre 5500 et 8200 m, la faible densité de l’air est toujours à l’ordre du jour. Comment s’acclimater correctement ? En montagne surtout, nous progressons très lentement et prévoyons toujours des jours de repos. A ces altitudes, le lactate s’élimine très difficilement.

Sur le Ninchin Kangsa, nous étions tout à fait seuls en route. Outre la météo, notre attention se concentrait surtout sur la piste idéale : où trouver un chemin pour sortir du labyrinthe de crevasses ? Où le risque d’avalanches est-il le moins élevé ?

Sur le Cho Oyu, plus de 20 expéditions circulent. Ici, comme au Gigathlon, on peut aisément suivre les panneaux indicateurs, comprenez les traces. Le risque et le travail du traçage des pistes incombent aux Sherpas. Incroyable ce que ces gens accomplissent et les risques qu’ils prennent, volontairement ou involontairement. Au total, 12 Sherpas sont blessés au cours de trois chutes d’avalanches. Ils ont de la chance, ils s’en sortent avec des contusions et des fractures. Mais ils ne peuvent pas être évacués aisément par hélicoptère, comme au Gigathlon. A 7800 m, les hélicoptères ne peuvent pas atterrir. Les Sherpas doivent entamer une difficile descente de douze heures jusqu’à l’ABC, avant d’être portés pendant trois heures jusqu’au prochain chemin carrossable. A partir de là, un trajet de plusieurs heures en jeep les attend pour rejoindre l’hôpital le plus proche.

Les guides des différentes expéditions admettent seulement après la dernière avalanche qu’il y a trop de neige. Après d’innombrables jours d’attente en montagne, les groupes se séparent et reprennent le chemin de Katmandou.

Nous prenons également congé de l’Himalaya, partagés entre le sourire et les larmes. L’ascension collective et fantastique du Ninchin Kangsa nous a donné des ailes. Ensuite, il a fallu faire demi-tour et il y a eu la grande déception sur le Cho Oyu. Des émotions à l’état pur, dans un cas comme dans l’autre. Voilà le grand point commun avec le Gigathlon.

Que l’on franchisse la ligne d’arrivée ou pas, l’aventure personnelle du Gigathlon suscite des émotions à l’état pur. Ce sont des expériences qui vous influencent aussi dans votre quotidien, et des souvenirs que vous conservez à vie.

P.-S. : Soyez rassuré : tous les lieux où je me rends ne font pas l’objet d’un voyage de reconnaissance pour un futur Gigathlon !

Du 26 août au 3 octobre 2010, André Lüthi (CEO Globetrotter Travel Service), Ang Kami Sherpa (Matterhorn Treks & Expeditions) et Dany Gehrig (président du Gigathlon) participaient à une expédition dans l’Himalaya. Au cours de ce voyage extraordinaire, ils ont été les seuls depuis 2008 à réussir l’ascension du Ninchin Kangsa (Tibet), 7206 m. Au Cho Oyu, 8201 m, situé sur la frontière tibéto-népalaise, ils ont dû faire demi-tour, en raison des problèmes de Dany Gehrig en altitude et d’un très gros risque d’avalanche.

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Catégories: Divers | Gigathlon

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