6. décembre 2010, diana.faeh

Les éternels rivaux

L'hiver s'annonce passionnant ! Après que les Autrichiens ont réussi le doublé lors de la descente de Lake Louise et ainsi lancé le match Suisse-Autriche dans l'optique du classement par nations à l’issue de cette nouvelle saison, Swiss-Ski a répliqué du tac au tac le lendemain, avec la victoire en Super-G de Tobias Grünenfelder, qui a devancé Carlo Janka de 7 centièmes. Avec trois autres coureurs dans les dix premiers (Didier Cuche 5e, Silvan Zurbriggen 9e et Patrick Küng 10e), Swiss-Ski a réédité son remarquable tir groupé de la veille.


Tobias Grünenfelder et Michael Walchhofer, les vainqueurs de Lake Louise (photos: Keystone)

Le duel Swiss-Ski – ÖSV pour la domination du ski alpin est reparti de plus belle
La lutte entre les deux traditionnelles nations de ski que sont la Suisse et l'Autriche dure depuis des décennies. Si la Suisse, emmenée entre autres par Pirmin Zurbriggen, a dominé le cirque blanc dans les années 1980, c'est l'Autriche qui a donné le ton dans les années 1990. Depuis, les Suisses tentent de revenir au premier plan. Et cela s'annonce plutôt bien. Les Autrichiens, numéros 1 incontestés du classement par nations depuis des années, semble devenir nerveux. Sinon, pourquoi donc leurs médias ont-ils été, cette fois-ci, les premiers à s'emparer du thème de la rivalité entre la Suisse et l'Autriche? Le lendemain du doublé suisse, les médias autrichiens ont fait leurs gros titres sur la réaction immédiate de la Suisse en parlant de retour de balancier (derStandard.at), de revanche (ORF.at) ou encore de réponse à la déclaration de guerre autrichienne (nachrichten.at).


Une rivalité saine, c’est bon pour le sport
Pour Bernhard Russi, cette rivalité bien établie met du piment dans le cirque blanc. Michael Walchhofer, le vainqueur de la descente de Lake Louise partage cet avis, de même que Martin Rufener, entraîneur en chef des hommes chez les Suisses : « On joue parfois là-dessus, mais il faut reconnaître que nous sommes heureux de nous rapprocher à nouveau des Autrichiens », a-t-il dit en substance le 15 janvier 2009 sur le site de « 20 minutes ». Sur le fond, une rivalité saine est une bonne chose, en sport : elle est source d'émotions et incite les acteurs à se dépasser. D’ailleurs, la rivalité entre l'Autriche et la Suisse en ski alpin n'a rien d'unique, il suffit de penser à celle qui oppose par exemple le Canada à la Russie en hockey sur glace, l’Angleterre à l'Australie en cricket, ou encore la France à l'Angleterre en rugby.


Fart magique et fixations magiques
Souvent, de tels duels s’exacerbent au point que les officiels des fédérations en viennent à flirter avec les limites du fair-play et les médias à monter le plus petit détail en épingle. Pour s’en convaincre, il suffit de se rappeler de l’affaire des « fixations magiques » de Simon Amman lorsqu'il a remporté ses deux médailles d'or aux Jeux Olympiques d'hiver de Vancouver 2010 ou du « fart magique » des Suisses en 1987, aux CM de Crans-Montana, lorsqu’ils remportèrent quatorze médailles en tout, tandis que les Autrichiens n’en ramenèrent que quatre dans leurs bagages.


Qui aura le dernier mot en matière de neige ?
Quelle est l’origine de cette rivalité ? Peut-être est-elle due à un certain chauvinisme, qui fait qu'en sport, c’est tout de suite l'honneur du pays qui est en jeu. En outre, le ski est à la fois un sport individuel et un sport d'équipe… en particulier lorsqu'il s'agit de l'Autriche et de la Suisse ! Bien sûr, chaque coureur s'engage à titre individuel sur la piste. Mais sa performance est porteuse d'enjeux qui le dépassent, qu'il s'agisse de la compétence et de l'affirmation d'un pays de montagne et de neige, ou de tourisme. Et restent, toujours, ces deux questions : de ces deux pays, lequel est une petite grande puissance ? Et lequel est le maître de la neige ?


Diana Fäh est responsable de la communication à Swiss-Ski. Cette contribution figure aussi sur le site officiel de Swiss-Ski.

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Catégories: Top Athletes

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