16. novembre 2010, simon.steiner

Les Jeux Olympiques d’hiver en Suisse !

En juin 1999, le Comité International Olympique (CIO) a attribué l’organisation des Jeux Olympiques d’hiver 2006 à Turin. Pourtant, selon les spécialistes, la candidature de Sion avait de bonnes chances, d’où l’énorme déception ressentie en Suisse. Si le projet valaisan était au tapis, la question des « Jeux Olympiques d’hiver en Suisse » restait, quant à elle, d’actualité, puisque Berne et Davos se montraient intéressées à faire acte de candidature pour 2010.


Bild: Keystone

C’est Berne qui obtint les faveurs de Swiss Olympic et qui fut retenue par le CIO dans le cercle des quatre villes finalistes. Toutefois, la candidature fut retirée en 2002 après que 78 % des citoyens bernois eurent refusé un crédit préalable. Ensuite, un projet zurichois pour 2014 fut stoppé prématurément par les autorités. Genève, qui postulait dans l’optique de 2018, jeta elle aussi l’éponge en 2008 en raison du manque de soutien démontré par Swiss Olympic. L’Association faîtière du sport suisse, qui œuvre également en tant que Comité national olympique de notre pays, s’était en effet montrée sceptique à l’idée d’une nouvelle candidature. Toutefois, afin de bénéficier d’une base de décision, elle chargea un groupe d’experts d’évaluer les exigences auxquelles devrait satisfaire une future candidature suisse.

Désormais, cela bouge de nouveau du côté du dossier « Jeux Olympiques d’hiver en Suisse ». D’une part, le Conseil exécutif de Swiss Olympic estime que les obstacles dont il est fait état dans le rapport d’experts ne sont pas insurmontables, d’autre part, il a reçu plusieurs signaux encourageants provenant du monde politique et du CIO. Pour cette raison, Swiss Olympic souhaite obtenir, en novembre, le feu vert de son Parlement du sport pour les prochaines étapes.

L’organisation de Jeux Olympiques d’hiver en Suisse est un défi de taille. Il est admis qu’un tel projet doit bénéficier d’un appui conséquent de la part des milieux sportifs, de la politique et de la population. Jörg Schild, président de Swiss Olympic, dit avec raison que seule une candidature de la Suisse dans son ensemble aurait une chance. Un large soutien de tout le pays est nécessaire, ne serait-ce que parce que les Jeux Olympiques coûtent très cher et qu’ils devraient en grande partie être financés par les deniers publics. Rien que le financement de la candidature s’élèverait à quelque 30 à 40 millions de francs, et cela sans aucune garantie que les Jeux seraient effectivement attribués à la Suisse. Relevons toutefois qu’une candidature offrirait une grande visibilité à notre pays.

Des études mettent en garde contre la tentation de surestimer l’impact économique direct des Jeux Olympiques. Dans une optique à court terme, l’organisation de Jeux Olympiques d’hiver n’est pas rentable. A long terme, par contre, les retombées pour le pays et la région organisatrice en particulier pourraient être très importantes. L’effet marketing des Jeux Olympiques est inestimable. Pendant deux bonnes semaines, la Suisse aurait l’occasion de se montrer de manière positive aux yeux du monde entier. L’extension des infrastructures sportives et de transports impliquée par des Jeux conçus dans une optique de durabilité s’élèverait à plusieurs milliards de francs, mais elle peut aussi être vue comme un investissement pour l’avenir.

Une condition nécessaire au succès d’une candidature suisse est que le CIO ait la volonté de renoncer au gigantisme. Il serait sans doute possible de donner un coup de frein à cette évolution, quand bien même il est évidemment impensable de revenir à des Jeux Olympiques d’hiver tels que ceux de 1928 ou de 1948, qui avaient été organisés à St-Moritz. Il serait également souhaitable qu’après deux éditions organisées par des villes au niveau de la mer (Vancouver et Sotchi), les Jeux d’hiver soient à nouveau organisés à la montagne. Si ces Jeux devait être trop grands pour un pays de sports d’hiver tel que la Suisse, il y aurait vraiment quelque chose qui clocherait. En présentant une candidature basée sur un dossier exemplaire du point de vue de la durabilité et de l’impact environnemental, notre pays pourrait engager les Jeux dans une nouvelle voie porteuse d’avenir.

Swiss Olympic décidera définitivement au plus tôt l’été prochain si elle entend se lancer dans la course. Le 6 juillet 2011, à Durban, le CIO procédera à l’attribution des Jeux Olympiques d’hiver de 2018. Pyeongchang (Corée du Sud), Munich et Annecy sont sur les rangs. Si la candidature coréenne devait l’emporter, il serait possible d’envisager une candidature suisse pour 2022. Si c’était l’un des deux concurrents européens qui devait s’imposer, cela reporterait la question à 2026. Le pouvoir d’attraction des Jeux Olympiques d’hiver sur des candidats suisses potentiels reste énorme. Ces derniers mois, plusieurs régions ont manifesté leur intérêt, à commencer par Genève, associée au Valais, et les Grisons (le cas échéant, avec Zurich), sans oublier Lucerne, qui semble toutefois lorgner plutôt sur les Jeux Olympiques de la Jeunesse, et Berne. (Source : Aargauer Zeitung, 20 octobre 2010)

 

Simon Steiner est rédacteur sportif à l’Aargauer Zeitung et à « Sonntag ». simon.steiner@azmedien.ch

 

 

Mots-clés:

Catégories: Swiss Olympic

Print this

Commentaires

Powered by BlogEngine.NET
Design de Philipp Furrer, Barbara Kohler et Andy Müller