En décembre 2010, Denise Rietmann et son mari Christoph de Wallisellen (ZH) ont participé à une émission d’appel de dons de la radio alémanique DRS 3 appelée « Jeder Rappen zählt / Chaque centime compte » dans d’emporter, par le biais d’enchères, une journée avec le Swiss Olympic Team 2012. Ci-après, elle nous raconte comment ils ont vécu leur journée avec des sportifs de pointe.

Christoph et Denise Rietmann durant leur voyage au Canada;
ici, au Bellcenter, l’Aréna du Hockey et domicile des Montréal Canadiens.
«… des invités?? Est-ce que des personnes sont invitées à la Journée du Swiss Olympic Team 2012? Est-elle ouverte à TOUT UN CHACUN alors ?!? » me demande aimablement, mais néanmoins confuse la journaliste de la Schweizer Illustrierte (le pendant alémanique de l’Illustré). Question justifiée, mais – que lui répondre ? «Euh non, pas vraiment. Nous sommes les seuls invités, donc des non-sportifs – voire même des pas sportifs, des pas olympiquisables ! » Mais, les entraineurs et les physiothérapeutes ne le sont pas non plus. Par ailleurs, je ne crois pas devoir nous qualifier, mon mari et moi-même, de non sportifs au sens classique du terme. Cela dit : c’est exact que dans la case «Profession», ni lui ni moi n’écrirons « Sportif ».
La journaliste me regarde toujours d’un air perplexe pendant que je m’adonne à cette gymnastique mentale qui, de plus, me perturbe de plus en plus. J’aurais préféré me tenir coi, mais que répondre d’autre sinon la vérité ? Donc, en essayant de garder le sourire, je lui raconte ce qui s’est passé : «Durant la campagne de récolte de dons Jeder Rappen zählt / Chaque centime compte» lancée par la chaîne de radio alémanique DRS 3, nous avons participé à des enchères pour tenter de décrocher une rencontre avec le Swiss Olympic Team 2012» , avons gagné le pari et sommes donc ici, aujourd’hui, à ce titre-là, sans aucun rapport direct avec les Jeux olympiques, sinon». Va-t-elle penser maintenant que j’ai cherché à m’introduire chez Swiss Olympic par la petite porte ? Faudrait-il ajouter que tous les dons récoltés durant cette campagne permettront de former des mères, en Afrique, afin qu’elles disposent de moyens pour offrir une jeunesse aussi saine que possible à leurs enfants ? Que Swiss Olympic ne touchera pas un centime (alors que dans cette campagne, chaque centime comptait) ?
Ouf – mon interlocutrice sourit à son tour et semble trouver mon histoire intéressante, donc je lui laisse mes coordonnées personnelles. Puis je retourne à mon groupe, composé au hasard de sportifs et d’entraîneurs de diverses disciplines. Je vois des journalistes et des photographes (pour-)suivre les cracs du sport. Est-ce que chez ces derniers, le rythme cardiaque double également de fréquence lorsqu’ils voient un appareil de photo ou un micro ? Ont-ils toujours un choix de réponses toutes prêtes sous la main ? Comme mon groupe se prépare à une séance de «portraits photo» et que je n’apprécie pas trop que l’on m’observe durant de tels exercices, je préfère regarder ce que font les autres groupes en s’adonnant à un parcours appelé polysportif, tout en réfléchissant à l’impact médiatique de tout ceci.
À mon arrivée, je n’avais reconnu que certains joueurs et joueuses de beach-volley. Chez d’autres, l’absence de tenue de compétition m’avait étonnée. J’avais essayé, ensuite, de deviner ce que pouvait être telle ou telle discipline sur la base des mouvements que je voyais, mais sans plus de succès ! J’ai donc fini par demander de quoi il s’agissait, reconnaissant progressivement des visages connus.
Autre phénomène intéressant : les médias semblaient décider quels sportifs l’Helvète lambda connaît ou reconnaît. Parmi les sports diffusés à la télévision ou photographiés pour la presse, j’ai fini par en reconnaître certains, mais de loin pas la majorité…
Dans mon groupe par exemple, la première que j’ai reconnue était Katrin Leumann, vttiste, parce qu’elle avait été invitée à une édition du Sportpanorama (de la télévision alémanique). Puis le triathlonien Sven Riederer, vu dans les journaux zurichois. Puis l’avironiste André Vonarburg, invité d’une édition de Sportstudio de SRF. Lorsque le nom de Nadine Zumkehrs fut prononcé, je savais où la placer à partir de l’instant ou celui de Simone Kuhn l’avait complété : elles étaient des cracs de beach-volley. En revanche, les noms et les visages de Quentin Stoudmann, plongeur de haut vol, Mario Gyr, un autre avironiste, Valentine de Giuli, tireuse à l’arc et Annik Marguet, tireuse, n’ont pas suscité une impression de déjà-vu malgré le fait que chaque dimanche entre 18 h 15 et 19 h 28, la télécommande de notre téléviseur est en mains fermes de mon mari pour suivre Sportpanorama…
Je sais aussi que des sportifs de Swiss Paralympic participeront au dîner, ce soir. Mais là encore, seuls deux noms me viennent à l’esprit : Édith Hunkeler et Heinz Frei, alors qu’il existe certainement d’autres disciplines que celles du marathon et de l’athlétisme dans lesquelles des sportifs handicapés évoluent.
J’espère surtout que bientôt, les médias parleront de tous les prétendants et candidats à une médaille olympique et que ceux-ci sauront se qualifier en fonction de leurs compétences. À toutes et tous dont j’ai fait la connaissance lors de cette journée et qui n’étaient pas trop fatigués pour répondre à mes nombreuses questions : un Grand Merci et tous mes vœux de réussite lors des Jeux Olympiques de 2012 à Londres !
Je remercie également de tout cœur celles et ceux qui m’ont permis d’élargir mon horizon lors de cette journée riche en expériences de toutes sortes.
Denise Rietmann