29. juin 2011, philipp furrer

Entretien avec Dario Cologna : « Je n’ai vraiment pris conscience de ce titre olympique qu’une fois la saison finie. »

Couronné à Vancouver, Dario Cologna raconte, dans l'entretien qui suit, ce que signifie ce titre olympique pour lui et comment il vit l’évolution actuelle du ski de fond.

Dario Cologna, qu'est-ce qui vous vient à l'esprit aujourd'hui lorsque vous pensez aux Jeux Olympiques 2010 de Vancouver ?

Ce que j'ai ressenti immédiatement après ma victoire sur 15 km en style libre et lors de la cérémonie protocolaire qui a suivi. C’est quelque chose d’impossible à décrire. Sinon, il y a bien évidemment eu ma chute dans le final des 50 km puis, encore le même jour, le fait de porter le drapeau de notre délégation lors de la cérémonie de clôture. Bref, c'est un jour que je ne suis pas prêt d'oublier !

En quoi votre vie a-t-elle changé après ce titre olympique ?

Au fond, la victoire au Tour de Ski l'année précédant les Jeux a amené davantage de changements dans ma vie que la victoire aux JO. J'étais ainsi déjà habitué à me retrouver au centre de l'intérêt du public, un intérêt encore accru après ma victoire olympique.

Est-ce difficile pour un héros olympique célébré de retrouver le train-train quotidien ?

Etant donné que la saison régulière reprenait immédiatement après les Jeux, j'ai été très vite replongé dans le bain « normal » de l'entraînement et des compétitions. Je n’ai vraiment pris conscience de ce titre olympique qu’une fois la saison finie.

Et aujourd'hui, que signifie cette médaille d'or pour vous ?

Beaucoup de choses. Pour remporter un titre olympique, chaque détail doit jouer le jour J. C'est une récompense non seulement pour mes performances à l'entraînement, mais aussi pour le travail parfait réalisé ces dernières années par tout mon entourage.

Avez-vous réussi à intéresser de nouveaux sponsors qui ne se seraient sans doute pas manifestés sans cette médaille ?

Oui, cette médaille d'or m'a effectivement ouvert de nombreuses portes et contribué à augmenter fortement ma valeur sur le marché.

Grâce à vos performances au Tour de Ski et aux Jeux Olympiques, le ski de fond a bénéficié d'un regain d'intérêt en Suisse. En êtes-vous fier ?

Je me réjouis que moi-même, mais aussi mes camarades Curdin Perl, Toni Livers et Remo Fischer, ayons pu contribuer, par nos résultats, à améliorer la place du ski de fond en Suisse. Je suis particulièrement content de croiser davantage de jeunes sur les parcours de ski de fond.

Le ski de fond a considérablement évolué ces dernières années et s'est bien adapté aux attentes du public – il suffit de penser au Tour de Ski. Comment vivez-vous cette évolution ?

Ces mini tours, comme on les appelle, me conviennent très bien sur le plan sportif. Le public s'y retrouve, lui aussi. Je pense que la Coupe du monde de ski de fond est sur la bonne voie.

Vous avez décroché davantage de primes, la saison passée, que Didier Cuche. Est-ce que le ski de fond se hissera un jour au niveau du ski alpin, en Suisse ?

En Scandinavie, le ski nordique est plus populaire que le ski alpin. Mais ce dernier a une très longue tradition chez nous et restera sans doute numéro 1. Ceci dit, c'est vraiment bien que les succès de Simon Ammann et d’Andreas Küttel, ainsi que de nous autres fondeurs, permettent aux nordiques de combler leur retard.

Et pour les athlètes, que signifie cette évolution ?

Nous autres athlètes sommes mieux considérés aussi bien par le public qu’au sein de Swiss-Ski. Cela nous donne des possibilités, d'une part d'améliorer nos conditions d'entraînement et, d'autre part de conclure de meilleurs contrats, financièrement parlant.

Les JO de Sotchi 2014 sont-ils déjà présents dans votre vie quotidienne ?

J’y pense déjà dans un coin de ma tête, mais le chemin jusqu'à ces Jeux est encore long …

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