31. mars 2010, carlo.janka

Carlo Janka : Le duel avec Benni Raich m'a coûté des forces

Voilà, plusieurs jours, même des semaines, se sont passés depuis mon succès à Whistler et ma victoire au classement général de la Coupe du monde. Quels moments exceptionnels ! Incroyable ! L'or olympique et la victoire au classement général de la Coupe du monde ! J'en avais toujours rêvé, mais je n'aurais jamais pensé réaliser tout cela cette année déjà.

Les Jeux Olympiques sont vraiment quelque chose de spécial. D'une part, ils n'ont lieu qu'une fois tous les quatre ans ; d'autre part, on y côtoie les sports les plus divers et on peut s'y offrir une fois ou l'autre une petite sortie (nous avons été présents au triomphe de Simon, lorsqu'il a obtenu sa première médaille d'or). Au Village olympique, on est très protégé et partout, il faut montrer patte blanche. Sinon, pas possible d'y entrer. C'est parfois pénible, c'est parfois utile, puisque tous les autres doivent rester dehors et qu'ainsi, on peut retrouver un peu de calme…

La réception qui m’a été offerte à l'aéroport de Zurich a été incroyable ! Je ne m'attendais pas du tout à être accueilli par autant de monde, jamais je n'aurai pensé que tant de personnes prendraient congé pour venir me souhaiter la bienvenue. C’est quelque chose d’exceptionnel, surtout pour moi, qui n'aime pas du tout être placé sous les feux de la rampe. C’est pourquoi j’ai aussi été content lorsque, après une tournée amicale chez nous, au restaurant, j'ai pu prendre congé du monde extérieur. Je me suis retiré chez moi, j'ai dormi, regardé la télévision, je me suis détendu, j'ai fait quelques promenades. Mais c'est tout. Car il fallait encore se concentrer sur la finale de la Coupe du monde et la victoire au classement général...

Un programme si chargé, avec tant de courses, la pression aux Jeux Olympiques et le duel intense que j'ai livré à Benni Raich en Coupe du monde m’ont coûté des forces. Mais il n'y a pas que les courses qui rendent les jambes lourdes, il y a aussi ces rendez-vous avec les médias, toujours plus nombreux, qui sont fatigants. Le plus pénible est de devoir constamment répondre aux mêmes questions : « As-tu déjà réalisé ce qui est arrivé ? » Bien sûr que j'ai réalisé que j'ai gagné la course et peut-être même un titre ! Bien sûr que je sais immédiatement si je suis champion olympique ou vainqueur de la Coupe du monde ! Ce qui prend le plus de temps à réaliser, ce sont les conséquences d'un tel titre, la signification d'une médaille d'or ou d'un globe de cristal pour le public et les sponsors, avec tous les engagements que cela implique.

Pour l'heure, ma priorité va à la récupération. Nous faisons en sorte pour qu'à côté de mes obligations envers les médias et les sponsors, j'aie toujours suffisamment de temps pour récupérer, aussi bien activement que passivement. Ainsi, j'ai pu assister hier à la rencontre de Champions League entre Bayern et Manchester, qui était naturellement un des rendez-vous inscrits dans mon agenda dont je me réjouissais le plus. Puis il y aura encore un autre match des « Red Devils », cette fois dans leur antre d’Old Trafford, à Manchester, puis des vacances bien méritées (non, je ne sais pas encore où je vais les passer, mais sûrement à la mer, quelque part où il fera beau et chaud) et ensuite, à la mi-mai, ce sera déjà le moment d'entamer la préparation physique pour la prochaine saison. En juin, il y aura encore la Coupe du monde de football en Afrique du Sud et le tennis à Wimbledon.

Le 17 avril, il y aura encore une grande fête à Obersaxen. Elle ne sera pas organisée uniquement en mon honneur, mais aussi pour mon camarade Christian Spescha, qui a remporté le classement général de la Coupe d'Europe. Voilà qui mettra un beau terme à ma saison ! Je ne sais pas encore précisément quand, l’été prochain, je remettrai les skis. Cela viendra en temps voulu, et, d'ici là, je vais déjà bien profiter des avantages du printemps.

 

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