Jusqu’aux Jeux Olympiques de 2008 à Pékin, la vie de Flavia Rigamonti était dictée par sa passion de la natation. Depuis son retrait de la compétition, elle profite de la vie en dehors du sport et acquiert de précieuses expériences dans son nouveau travail.
Flavia Rigamonti, vous avez été nageuse professionnelle jusqu’aux Jeux Olympiques de Pékin en 2008. Qu’est-ce qui vous a poussée à vous retirer de la compétition ?
J’ai nagé pendant vingt-trois ans et ai étudié pendant vingt-cinq ans ; j’avais envie de débuter une nouvelle carrière avec de nouvelles ambitions et motivations. D’un point de vue logistique également, j’aurais eu beaucoup de difficultés à continuer mon entraînement sur les longues distances tout en commençant un travail à plein temps. Pour obtenir des résultats au niveau international, j’aurais dû choisir entre la natation et le travail. Alors j’ai opté pour le second. J’ai remporté de nombreux succès en natation et je voulais me prouver que je parviendrais à en récolter également dans ma vie privée.

Photo : Keystone
Qu’est-ce qui vous a le plus réjouie après votre retrait de la compétition ?
L’aspect le plus positif de mon retrait de la natation a été celui de pouvoir enfin entreprendre des tas de choses que je n’avais jamais pu faire avant et de Plus...
Bruno Kernen a participé à sa première course de Coupe du monde en 1990 et s’est retiré de la scène professionnelle en 2007. Si sa carrière de skieur est terminée, le sport fait toujours partie de sa vie. Bruno Kernen est aujourd’hui copropriétaire de l’entreprise de conseils GFC Sports Management AG et travaille pour la Schweizer Fernsehen en tant que caméraman embarqué.
Bruno Kernen, jusqu’en 2007, vous étiez skieur professionnel. Qu’est-ce qui vous a motivé à vous retirer ?
En 2007, j’ai fait une chute assez violente lors de la finale de la Coupe du monde à Lenzerheide. Je me suis fracturé le nez en trois endroits, ai souffert d’une commotion cérébrale et me suis rompu les deux genoux. Je n’ai pas pris trop au sérieux mes blessures aux genoux, car avant cette course, j’avais déjà été opéré 13 fois du genou gauche. J’ai ensuite commencé les séances de rééducation et ai rapidement remarqué que quelque chose n’allait pas avec mon genou droit. Après une nouvelle arthroscopie, mon médecin a décelé un trou dans le cartilage. Ce trou rendait tout entraînement intensif impossible, si bien que je n’ai eu d’autre choix que d’arrêter le sport d’élite.

Bruno Kernen avec une caméra casque (photo : SRF/Valeriano Di Domenico/EQ Images)
En disant adieu à la compétition, de quoi vous êtes-vous le plus réjoui ? Et à l’inverse, de quoi aviez-vous peur ?
Durant toute ma carrière, j’ai cru qu’une chose ne me manquerait certainement pas une fois ma retraite prise : attendre dans la maison de départ, sentir la pression et l’adrénaline qui envahit tout votre corps lorsque la tension vous coupe le souffle juste avant la course. A vrai dire, ce n’est pas tant le sport d’élite et les compétitions qui me manquent, mais plutôt, à ma plus grande surprise, ce sentiment que je viens de décrire et que, pourtant, je détestais. Plus...
L’équipe Kobel/Heuscher était quasiment imbattable, jusqu’à ce que Stefan Kobel se retire en 2006. Aujourd’hui, le médaillé de bronze d’Athènes 2004 est papa, entraîneur et responsable du nouveau Centre national d’entraînement de Swiss Volley à Berne.
Stefan Kobel, vous avez été joueur de beach-volley professionnel jusqu’à la fin 2006. Qu’est-ce qui vous a motivé à vous retirer ?
La principale raison était le trop-plein de compétitions. J’étais pourtant bien organisé, mais la vie en tant que joueur de beach-volley professionnel était devenue une charge, y compris pour ma santé. Etre en forme et en bonne santé pour engranger de bons résultats avait toujours été le principal objectif de ma vie jusqu’alors. Mais le fait de rester en bonne santé s’est petit à petit transformé en un facteur de stress. En outre, j’avais envie de relever de nouveaux défis, de commencer une nouvelle étape de ma vie et de fonder une famille. Je voulais m’arrêter à un moment où je pouvais encore être fier de mes résultats. J’ai toujours su que je ne continuerais pas jusqu’à ce que je ne figure plus en haut des classements.

En disant adieu à la compétition, de quoi vous êtes-vous le plus réjoui ?
De mettre un terme aux nombreux déplacements et au stress des compétitions, ainsi que de pouvoir fixer des priorités différentes dans ma vie. Je me réjouissais beaucoup de cette nouvelle étape et j’étais très ouvert aux nouveautés. Cela ne signifie pas que le sport m’ait privé de certaines choses, car j’ai adoré ma carrière de sportif. Toutefois, Plus...
Anna Bürgi a vécu durant dix ans pour le unihockey. Après son retrait du sport d’élite au printemps dernier, elle a dû réorganiser sa vie et chercher d’autres voies lui permettant d’aller physiquement au bout de ses limites.
Anna Bürgi, jusqu’au printemps 2010, vous étiez une joueuse professionnelle de unihockey. Qu’est-ce qui vous a motivée à vous retirer ?
Durant mes dix années de pratique du sport d’élite – et surtout ces deux dernières années – j’ai pris conscience du fait qu’il y avait aussi une vie à côté du sport. Le mouvement constant, la lutte collective, l’esprit d’équipe, les poussées d’adrénaline et les performances de haut niveau qu’il faut fournir représentent certes une part très importante dans la vie d’un sportif, mais relèguent en grande partie les amis, la famille et d’autres loisirs au second plan. La diversité tant au niveau sportif que non sportif et le fait de pouvoir être flexible pour des rendez-vous non sportifs m’ont manqué ; c’est pourquoi j’ai commencé à me préparer à mon retrait une année avant d’arrêter.

Anna Buergi jusqu'à 2010... ...et aujourd'hui comme physiothérapeute.
En disant adieu à la compétition, de quoi vous êtes-vous le plus réjouie ?
Je me réjouissais surtout de pouvoir aller au cinéma le lundi ! Je suis une grande amatrice de films, mais nous avions toujours l’entraînement le lundi et je ne pouvais donc presque jamais profiter du prix avantageux des billets ce soir-là. Plus...
Fabienne Reuteler a occupé le devant de la scène durant l’âge d’or du snowboard suisse. En août 2010, elle a épousé le snowboardeur professionnel américain Josh Dirksen et s’appelle désormais Fabienne Dirksen. A part son mariage, sa vie a changé à beaucoup d’autres niveaux depuis son retrait en 2004.
Fabienne Dirksen, vous avez été snowboardeuse professionnelle jusqu’en 2004. Qu’est-ce qui vous a motivée à vous retirer ?
Pendant dix ans, j’ai tout consacré au snowboard et, en 2004, j’ai décidé qu’il était temps que je termine mes études d’économie et que je fasse mes premiers pas dans le monde du travail. J’aime le changement et relever de nouveaux défis. La vie est courte et je souhaiterais profiter de la mienne pour vivre le plus grand nombre d’expériences différentes possible. En snowboard, j’ai atteint tous mes objectifs. En 2004, il était temps que je passe à autre chose.

Fabienne Reuteler à Salt Lake City 2002...(Photo: Keystone) ...et après son carrière au Peru.
En disant adieu à la compétition, de quoi vous êtes-vous le plus réjouie ? Et à l’inverse, de quoi aviez-vous peur ?
Je me réjouissais surtout d’avoir à nouveau du temps libre, d’être davantage à la maison et de pouvoir voir ma famille et mes amis plus souvent. Je n’avais pas de crainte particulière. J’avais pris une décision et me réjouissais de ce changement. Plus...
Après avoir décroché une médaille de bronze aux Jeux Olympiques de 2008 à Pékin, le judoka Sergei Aschwanden s’est retiré de la compétition. Dans un entretien, il évoque avec nous sa reconversion professionnelle.

Image 1 : zvg, image 2 : Keystone
Sergei Aschwanden, vous avez été judoka professionnel jusqu’à la fin 2008. Qu’est-ce qui vous a motivé à vous retirer ?
Le lendemain de ma médaille de bronze aux Jeux Olympiques de Pékin, j’ai ressenti comme une impression de vide, mais aussi une sensation de paix et de satisfaction. Dans un premier temps, j’ai pensé que c’était seulement la fatigue, car je n’avais pas dormi de la nuit. Mais cette sensation a perduré, même quelques mois plus tard. Je me suis laissé du temps pour être sûr de moi. Je me suis toujours dit qu’au moment où je ne serais plus prêt à me donner à 200 % au sport, il serait alors temps de m’arrêter. Et c’est ce que j’ai fait. Depuis ma retraite sportive, le sport de performance ne m’a pas manqué une seule seconde, et je suis plus qu’heureux et satisfait de tout ce que j’ai pu vivre. Plus...