Un monde en reconstruction et des exploits aux JO de Londres 1948

de swiss.olympic 31. janvier 2012 08:34

Pendant douze longues années, les athlètes du monde entier s’étaient entraînés, leur cœur balançant entre attente et espoir. La dernière édition des Jeux Olympiques d’été avait eu lieu en 1936, à Berlin. Puis, à cause de la Seconde Guerre mondiale, les JO avaient dû être annulés deux fois de suite. En 1948, sportifs et sportives peuvent enfin se réunir et se mesurer à nouveau à l’occasion de ce grand événement. Pour la deuxième fois, après 1908, la flamme olympique est allumée à Londres.


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La tragédie du marathon de 1908 à Londres

de isabel.prinzing 23. décembre 2011 15:35

Dans un peu plus de six mois, Londres sera le théâtre des Jeux Olympiques d’été. La capitale britannique est la seule ville au monde à organiser cette manifestation sportive pour la troisième fois, après 1908 et 1948. Une rétrospective permet de constater que les Jeux de 1908 n’ont pas dévoilé uniquement des gagnants et des perdants : certains sportifs sont même entrés dans la légende. Le seul participant suisse, Julius Wagner, est malheureusement rentré bredouille, ce qui ne l’a pas empêché de s’engager pour le Mouvement olympique tout au long de sa vie.


Dorando Pietri peu avant de franchir la ligne d’arrivée. (Photo: Keystone)

Les Jeux d’été de 1908 devaient initialement avoir lieu à Rome. De mauvaises langues prétendaient toutefois que le comité d’organisation romain n’avançait pas suffisamment dans les préparatifs, ce qui remit rapidement en question la tenue des Jeux dans la capitale italienne. L’éruption du Vésuve en 1906 enterra définitivement le rêve de l’Italie d’accueillir des Jeux Olympiques. L’argent qui devait être consacré à cette manifestation dut finalement être utilisé pour reconstruire la ville de Naples, dévastée par le volcan. L’Association olympique britannique se proposa alors de reprendre le flambeau et le Comité International Olympique (CIO) désigna Londres comme nouvelle ville hôte.

Malgré tout, c’est quand même un Italien qui marqua les esprits lors de ces Jeux de 1908 à Londres, en l’occurrence le marathonien Dorando Pietri. Pas après pas, mètre après mètre, alors qu’il ne lui restait plus que quelques mètres avant la grande victoire, Dorando Pietri se mit à boiter sous la chaleur écrasante et le soleil qui lui brûlait la nuque. Le stade de White City était comble ; la foule jubilait, l’acclamait, lui faisait signe, mais il ne voyait plus rien. Exténué et étourdi, il tituba avant d’être victime d’une défaillance et de s’effondrer. Il se releva néanmoins péniblement, repartit dans la fausse direction avant d’être redirigé, mais il s’écroula à nouveau, se releva et s’effondra juste après.
Dorando Pietri avait dominé le marathon dès le 22e kilomètre. Bien que ne mesurant que 1m59, le boulanger de Capri parvint à devancer ses 56 adversaires. Ce sont les derniers mètres qui se révélèrent les plus difficiles, un véritable combat contre la chaleur, la fatigue et lui-même. Des médecins et des arbitres présents le prirent alors par le bras et l’aidèrent à franchir la ligne d’arrivée.
En raison de cette aide extérieure, Dorando Pietri fut disqualifié et la victoire revint finalement à son dauphin l’Américain John Hayes, arrivé environ dix minutes après lui dans le stade.


Echo mondial

Malgré le retrait de son titre olympique, Dorando Pietri entra tout de même dans l’histoire. La nouvelle concernant la « tragédie » du petit boulanger italien se propagea comme une traînée de poudre. La reine Alexandra remit une coupe honorifique au malchanceux afin de le récompenser de sa performance combative. En même temps, son histoire fut largement relatée dans la presse mondiale. L’auteur de Sherlock Holmes, Sir Arthur Conan Doyle en personne, lui fit l’honneur d’écrire un article détaillé à son sujet. A cet article paru fin juillet 1908 dans le quotidien britannique « Daily Mail », l’écrivain joignit même un courrier des lecteurs incitant ses concitoyens à verser un don au coureur malchanceux.
Dorando Pietri devint une célébrité et la course à pied lui permit de gagner sa vie honorablement les années qui suivirent.
Lors de ces Jeux Olympiques d’été, le royaume d’Italie repartit avec deux médailles d’or. La Suisse n’enregistra quant à elle aucun succès. Il faut dire qu’elle n’était représentée que par un seul sportif, le lanceur de marteau Julius Wagner, qui avait disputé les Jeux Olympiques intermédiaires de 1906 à Athènes sous les couleurs de l’Allemagne.


Des Jeux Olympiques tous les deux ans

Les Jeux Olympiques intermédiaires ne furent jamais reconnus par le Comité International Olympique (CIO) ni pris en compte dans les listes officielles étant donné que leur organisation n’était pas du ressort du CIO. Ces Jeux intermédiaires résultèrent de divergences autour du lieu de déroulement des JO. Pierre de Coubertin, considéré comme le fondateur des Jeux Olympiques et président du CIO en 1906, avait pour ambition de créer un Mouvement olympique mondial. Les Grecs souhaitaient au contraire que les Jeux Olympiques aient toujours lieu dans leur pays, notamment en raison du succès organisationnel de 1896, mais également à cause de l’arrière-plan historique.
Pour résoudre ce problème, quelques collaborateurs du CIO proposèrent d’organiser les Jeux tous les deux ans en alternant entre Athènes et d’autres villes. Cette proposition fut acceptée malgré les réticences du baron de Coubertin. Les historiens du sport considèrent aujourd’hui que les Jeux Olympiques intermédiaires d’Athènes sauvèrent le Mouvement olympique en réhabilitant de nombreuses cérémonies, notamment le défilé des nations. 


Sportif suisse unique

En dépit des discussions politiques, Julius Wagner fut sacré champion olympique de lutte à la corde en 1906, malheureusement lorsqu’il était encore engagé sous les couleurs de l’Allemagne. Il participa également au pentathlon (8e rang), au saut en longueur (11e rang), au saut à la perche (14e rang), au 100 mètres (éliminé), au lancer du disque, au lancer du poids et au lancer de la pierre (tous sans classification). Ce sportif se fit ensuite naturaliser Suisse et représenta sa nouvelle patrie deux ans plus tard à Londres. Alors qu’il avait disputé huit disciplines en 1906, il préféra se concentrer sur le lancer du marteau en 1908, malheureusement sans succès. Après sa dernière participation à des Jeux Olympiques (1912 à Stockholm en décathlon), il devint éditeur. Il mit alors un point d’honneur à représenter le Mouvement olympique dans le cadre de ses activités professionnelles en publiant notamment un ouvrage sur les Jeux Olympiques de 1924 à Paris. Il officia ensuite en tant que vice-président du Comité Olympique Suisse (COS), l’un des ancêtres de Swiss Olympic. Julius Wagner décéda en 1952 à Berne.

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Grand écart avec Londres en point de mire !

de isabel.prinzing 24. novembre 2011 11:30

Née en Allemagne, Heike Netzschwitz vit depuis vingt ans en Suisse, où elle assume la responsabilité d’entraîneur en chef de la gymnastique rythmique (GR). Bien qu’ayant dû encaisser de nombreux revers, elle est parvenue à placer son cadre national, à l’heure qu’il est, à deux doigts d’une qualification olympique.


Heike Netzschwitz (à gauche) et le groupe de la gymnastique rythmique. (Photo: màd)

Peurs existentielles

En 1996, la Fédération suisse de gymnastique (FSG) avait sérieusement envisagé d’éliminer, en raison de sa faiblesse du moment, la gymnastique rythmique de ses cadres de haut niveau. Perspective qui avait fortement surpris Heike Netzschwitz, qui en était l’entraîneur responsable : « En 1992, nous avions mis en place une nouvelle structure avec cinq centres régionaux de performance (CRP) couvrant l’ensemble du pays. Parallèlement, un groupe était en préparation en vue des Championnats d’Europe juniors de 1997. Que la FSG remette en question le niveau de notre spécialité sportive m’a profondément choquée, aucune raison fondée ne justifiant une telle prise de position de sa part », avait-elle alors expliqué. Plusieurs supporters et supportrices de la gymnastique rythmique se sont alors engagés avec véhémence en faveur du maintien de cette spécialité au haut niveau. Avec succès ! La décision du maintien a été confirmée, en 1997, à l’issue des Championnats d’Europe juniors, dans le cadre desquels les jeunes Suissesses ont obtenu une remarquable huitième place.
Par la suite, la gymnastique rythmique suisse a continué à démontrer un niveau de qualité appréciable en signant des résultats de valeur sur les plans européen et mondial, en dépit d’un certain manque de constance il faut pourtant bien le reconnaître. Manque de constance qui peut s’expliquer par le fait que les jeunes gymnastes qui avaient accédé au cadre national de Macolin manquaient encore de maturité.

« Aujourd’hui, pour qu’une de nos filles soit admise à Macolin, nous exigeons qu’elle ait d’ores et déjà atteint le niveau que cela implique. Nous souhaitons vivement que les filles qui nous rejoignent bénéficient d’une maturité suffisante », dit encore Heike Netzschwitz. « La nouvelle situation à laquelle elles sont confrontées, la plupart du temps loin de la famille, de leur ancienne école, des amis et autres connaissances, n’est de loin pas simple. Sans dire qu’elles doivent s’engager à fond pour rattraper le retard dont elles font preuve au plan de l’entraînement. Ce retard, il faut le préciser, n’est pas dû à un manque d’engagement de la part des responsables concernées des CRP, mais à une situation financière précaire. Jusqu’à présent, en effet, il n’a pas été possible d’engager les deux responsables d’entraînement nécessaires par CRP. Cela dit, s’il est vrai que l’existence de la gymnastique rythmique était ouvertement remise en question il y a dix ans, ce n’est plus le cas aujourd’hui, même si les problèmes qui minent la base n’ont pas totalement disparu.

Un petit « je-ne-sais-quoi … »

Un certain nombre de filles du cadre national ont été admises à Macolin à l’âge de 13 ans déjà. « Elles n’avaient peut-être pas encore toutes, c’est vrai, le niveau de performance requis », admet Heike Netzschwitz avant de poursuivre : « Parfois, simplement en la regardant, je sais qu’une gymnaste a de l’étoffe, ce je-ne-sais-quoi que l’on nomme talent et qui, même s’il est donné, est indispensable à la réussite : mobilité, rayonnement, volonté de se hisser au sommet… » Tel qu’il se présente aujourd’hui, le cadre national comprend lui aussi des filles de situations et de constitutions très différentes. Avec ses 16 ans à peine par exemple, Stéphanie Kälin est la plus jeune du groupe, et c’est avec une grâce et un charme hors du commun qu’au milieu de ses collègues, elle évolue sur le praticable qui, pour elle, est ce qu’il y a de plus précieux au monde. Vesela Veselinova Dimitrova, entraîneur nationale bulgare et, depuis quelques années déjà assistante de Heike Netzschwitz, s’adresse avec passion à ses protégées en pleine action : « Plus haut ! Plus haut !... Plus vite le mouvement des jambes vers le haut !... Grand écart !… » En dépit de douloureuses contorsions, le sourire doit rester permanent sur les lèvres des gymnastes. Pour le groupe, l’entraînement proprement dit est précédé d’une séance de mise en train d’une durée de deux heures, faite de séquences de ballet, d’exercices d’assouplissement et de force et, enfin, d’un travail minutieux destiné à l’amélioration de la coordination des mouvements. Cela fait, les gymnastes ont enfin accès aux engins à main : le travail chorégraphique peut commencer !



Nathanya Köhn (à gauche) et Capucine Jelmi à Macolin. (Photo: Swiss Olympic)

« Londres 2012 » en point de mire

L’objectif numéro un du moment est réellement à portée de main : pour la première fois, une formation suisse de gymnastique rythmique (GR) a une chance réelle de parvenir à se qualifier pour les Jeux Olympiques ! « Nous voulons absolument aller à Londres ! » s’exclament en chœur les jeunes filles. Grâce à une remarquable huitième place au concours multiple et à une incroyable quatrième place en finale aux Mondiaux de cette année à Montpellier, le groupe s’est qualifié pour l’épreuve test préolympiques, l’Olympic Games Test Event 2012. En janvier 2012, il se rendra donc à Londres pour s’y produire dans le cadre de deux journées successives. Heike Netzschwitz est consciente de l’importance de ce rendez-vous, et du fait que la concurrence y sera rude. Pour mettre toutes les chances du côté de son groupe, un entraînement hebdomadaire de 40 heures est nécessaire et, pour que ce soit possible, elle a obtenu des parents et des autorités scolaires que ses jeunes filles puissent bénéficier, pendant une année, d’un régime spécial en ce qui concerne la fréquentation des cours. L’objectif immédiat est clair : « Le groupe doit encore s’améliorer aussi bien au plan de la technique qu’à celui de la synchronisation. Les jeunes filles doivent en outre affronter la compétition avec une volonté plus ferme encore, avec plus de hargne et de discipline… »

Entraînement et émotions

Persuadée que son groupe ne peut acquérir la stabilité qui lui est indispensable que par un entraînement exigeant et de longue haleine, Heike Netzschwitz sait qu’on lui reproche parfois d’être trop dure. « L’entraînement, parfois, et les compétitions tests doivent reproduire la pression qu’ont à maîtriser les jeunes filles lorsque cela compte pour de bon. Lorsque nous constatons un manque de stabilité en la matière, nous leur imposons un entraînement supplémentaire le samedi après-midi ou le lundi matin, ce qui implique, il est vrai, qu’elles passeront moins de temps à la maison. Mais elles comprennent aussi que c’est le prix à payer pour atteindre le haut niveau international, et qu’il leur reste encore un bon bout de chemin à parcourir pour y arriver… » Celle qui a réussi mille fois un exercice sait à quel niveau elle le maîtrise. Heike Netzschwitz tient à ce que ses gymnastes comprennent que le fait de laisser échapper un engin à main ne doit rien au hasard… « Plus on s’entraîne, plus la chance de réussir est grande ! », insiste celle qui, par ailleurs, est aussi généreuse qu’exigeante. « L’entraînement d’aujourd’hui prépare les émotions de demain. Je ne tiens pas à voir les larmes couler en cas d’échec aux CM ou aux Jeux Olympiques. C’est dans le cadre de l’entraînement déjà que doivent prendre forme les émotions issues de la victoire ou de l’échec… Le chemin est le but ! »

Le groupe : une famille !

Composé actuellement de sept jeunes filles, le cadre national suisse de GR a grandi ensemble, ou presque. « Je les connais bien. Je sais comment elles fonctionnent et comment nous, les responsables, devons nous comporter avec elles à l’entraînement et dans le cadre de la compétition pour qu’elles donnent le meilleur d’elles-mêmes. Chacune réagit différemment ; chacune a ses points forts et ses points faibles… », insiste Heike Netzschwitz sans jamais remettre en question l’importance du groupe.
« C’est le groupe, et non pas le classement individuel, qui nous permet de figurer parmi les dix meilleures formations au monde !... »


Le cadre national suisse: Marine Périchon, Nathanya Köhn, Carol Rohatsch, Lisa Tacchelli
et Stephanie Kälin. (Photo: màd)

Les Jeux Olympiques : une confirmation !

Pour Heike Netzschwitz, pour ses adjointes et pour les gymnastes elles-mêmes, la participation aux Jeux Olympiques de Londres 2012 serait, en quelque sorte, une récompense pour le travail dur et de longue haleine consenti. « J’espère que nous parviendrons à nous qualifier et à faire en sorte, ainsi, que notre rêve devienne réalité. Une participation aux JO permettrait aussi à la population de ce pays de découvrir ce sport merveilleux qu’est la gymnastique rythmique et à assurer son avenir en Suisse.

La gymnastique rythmique
C’est au début des années 40 que la gymnastique rythmique a fait son apparition, dans les pays d’Europe de l’Est notamment. La GR se caractérise par des mouvements impliquant à la fois la danse, la mobilité et la force, et ceci avec ou sans l’utilisation d’engins à main (corde, cerceau, ballon, massues, ruban). Une épreuve par équipes de cinq a été ajoutée au programme olympique en 1996. C’est Fernando Dâmaso, d’origine portugaise, qui est considéré comme l’homme de proue de la gymnastique rythmique en Suisse. Il a été à la tête de la formation nationale de 1975 à 1988. Au Mondiaux de Montpellier 2011, le groupe suisse sélectionné a prouvé être suffisamment mûr pour rivaliser, à l’heure qu’il est, avec les meilleurs ensembles du monde. Ses membres : Marine Périchon, Capucine Jelmi, Nathanya Köhn, Stephanie Kälin, Lisa Tacchelli, Carol Rohatsch et Souheila Yacoub (encore blessée) y ont signé le meilleur résultat jamais obtenu par la Suisse aux CM dans cette spécialité, prouvant par la même occasion que ce groupe a une chance réelle de parvenir à se qualifier pour les Jeux Olympiques de Londres 2012.

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Jusqu’au bout du monde avec un centime en poche

de denise.rietmann 22. novembre 2011 17:02

En décembre 2010, Denise Rietmann et son mari Christoph de Wallisellen (ZH) ont participé à une émission d’appel de dons de la radio alémanique DRS 3  appelée « Jeder Rappen zählt / Chaque centime compte » dans d’emporter, par le biais d’enchères,  une journée avec le Swiss Olympic Team 2012. Ci-après, elle nous raconte comment ils ont vécu leur journée avec des sportifs de pointe.

Christoph et Denise Rietmann durant leur voyage au Canada;
ici, au Bellcenter, l’Aréna du Hockey et domicile des Montréal Canadiens.


«… des invités?? Est-ce que des personnes sont invitées à la Journée du Swiss Olympic Team 2012?  Est-elle ouverte à TOUT UN CHACUN alors ?!? » me demande aimablement, mais néanmoins confuse la journaliste de la Schweizer Illustrierte (le pendant alémanique de l’Illustré). Question justifiée, mais – que lui répondre ? «Euh non, pas vraiment. Nous sommes les seuls invités, donc des non-sportifs – voire même des pas sportifs, des pas olympiquisables ! » Mais, les entraineurs et les physiothérapeutes ne le sont pas non plus. Par ailleurs, je ne crois pas devoir nous qualifier, mon mari et moi-même, de non sportifs au sens classique du terme.  Cela dit : c’est exact que dans la case «Profession», ni lui ni moi n’écrirons « Sportif ». 
La journaliste me regarde toujours d’un air perplexe pendant que je m’adonne à cette gymnastique mentale qui, de plus, me perturbe de plus en plus. J’aurais préféré me tenir coi, mais que répondre d’autre sinon la vérité ? Donc, en essayant de garder le sourire, je lui raconte ce qui s’est passé : «Durant la campagne de récolte de dons Jeder Rappen zählt / Chaque centime compte» lancée par la chaîne de radio alémanique DRS 3, nous avons participé à des enchères pour tenter de décrocher une rencontre avec le Swiss Olympic Team 2012» , avons gagné le pari et sommes donc ici, aujourd’hui, à ce titre-là, sans aucun rapport direct avec les Jeux olympiques, sinon». Va-t-elle penser maintenant que j’ai cherché à m’introduire chez Swiss Olympic par la petite porte ? Faudrait-il ajouter que tous les dons récoltés durant cette campagne permettront de former des mères, en Afrique, afin qu’elles disposent de moyens pour offrir une jeunesse aussi saine que possible à leurs enfants ? Que Swiss Olympic ne touchera pas un centime (alors que dans cette campagne, chaque centime comptait) ?
Ouf – mon interlocutrice sourit à son tour et semble trouver mon histoire intéressante, donc je lui laisse mes coordonnées personnelles. Puis je retourne à mon groupe, composé au hasard de sportifs et d’entraîneurs de diverses disciplines. Je vois des journalistes et des photographes (pour-)suivre les cracs du sport. Est-ce que chez ces derniers, le rythme cardiaque double également de fréquence lorsqu’ils voient un appareil de photo ou un micro ? Ont-ils toujours un choix de réponses toutes prêtes sous la main ? Comme mon groupe se prépare à une séance de «portraits photo» et que je n’apprécie pas trop que l’on m’observe durant de tels exercices, je préfère regarder ce que font les autres groupes en s’adonnant à un parcours appelé polysportif, tout en réfléchissant à l’impact médiatique de tout ceci.

À mon arrivée,  je n’avais reconnu que certains joueurs et joueuses de beach-volley. Chez d’autres, l’absence de tenue de compétition m’avait étonnée. J’avais essayé, ensuite, de deviner ce que pouvait être telle ou telle discipline sur la base des mouvements que je voyais, mais sans plus de succès ! J’ai donc fini par demander de quoi il s’agissait, reconnaissant progressivement des visages connus.
Autre phénomène intéressant : les médias semblaient décider quels sportifs l’Helvète lambda connaît ou reconnaît. Parmi les sports diffusés à la télévision ou photographiés pour la presse, j’ai fini par en reconnaître certains, mais de loin pas la majorité…

Dans mon groupe par exemple, la première que j’ai reconnue était Katrin Leumann, vttiste, parce qu’elle avait été invitée à une édition du Sportpanorama (de la télévision alémanique). Puis le triathlonien Sven Riederer, vu dans les journaux zurichois. Puis l’avironiste André Vonarburg, invité d’une édition de Sportstudio de SRF. Lorsque le nom de Nadine Zumkehrs fut prononcé, je savais où la placer à partir de l’instant ou celui de Simone Kuhn l’avait complété : elles étaient des cracs de beach-volley. En revanche,  les noms et les visages de Quentin Stoudmann, plongeur de haut vol, Mario Gyr, un autre avironiste, Valentine de Giuli, tireuse à l’arc et Annik Marguet, tireuse, n’ont pas suscité une impression de déjà-vu malgré le fait que chaque dimanche entre 18 h 15 et 19 h 28, la télécommande de notre téléviseur est en mains fermes de mon mari pour suivre Sportpanorama…
Je sais aussi que des sportifs de Swiss Paralympic participeront au dîner, ce soir. Mais là encore, seuls deux noms me viennent à l’esprit : Édith Hunkeler et Heinz Frei, alors qu’il existe certainement d’autres disciplines que celles du marathon et de l’athlétisme dans lesquelles des sportifs handicapés évoluent.
J’espère surtout que bientôt, les médias parleront de tous les prétendants et candidats à une médaille olympique et que ceux-ci sauront se qualifier en fonction de leurs compétences. À toutes et tous dont j’ai fait la connaissance lors de cette journée et qui n’étaient pas trop fatigués pour répondre à mes nombreuses questions : un Grand Merci et tous mes vœux de réussite lors des Jeux Olympiques de 2012 à Londres !

Je remercie également de tout cœur celles et ceux qui m’ont permis d’élargir mon horizon lors de cette journée riche en expériences de toutes sortes.
Denise Rietmann

 

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Londres 2012

Soutenir le Swiss Olympic Team n'est pas trahir mon pays

de swiss.olympic 18. novembre 2011 10:21

L'ancien coureur de haies Colin Jackson a été l'un des plus brillants spécialistes de l'athlétisme. Il a notamment été deux fois champion du monde quatre fois champion d'Europe, médaillé d'argent aux JO de Séoul en 1988 et il a détenu pendant de nombreuses années le record du monde sur 110 m haies. Aujourd'hui âgé de 44 ans, le Britannique est, entre autres, ambassadeur de «Londres 2012». La semaine passée, il a été l'invité du rendez-vous olympique à Macolin. L'occasion était belle de parler avec lui de son glorieux passé, de l'instinct de gagnant, et de sa visite en Suisse.


Colin Jackson. (Photo: Keystone)

La participation aux Jeux Olympiques est à la fois un rêve et une source de motivation pour tout athlète. Qu'avez-vous à donner à nos sportifs et sportives pour qu'il réussisse à se dépasser lors des  JO de Londres 2012 ?

Je leur raconterai entre autres pourquoi j'ai moi-même manqué la médaille d'or aux JO de 1988, alors que je tenais la forme de ma vie. Mais j'étais trop sûr de moi, ce qui m'a rendu quelque peu négligents. Je me suis insuffisamment étiré et je me suis blessé au cours de ma deuxième course d'échauffement. Vingt minutes de mauvaise préparation ont fait que j'ai laissé échapper la victoire, c'est une triste histoire. Les athlètes suisses doivent tirer la leçon de mon erreur pour ne pas vivre la même mésaventure l'été prochain.

Et comment un athlète peut-il se préparer de manière optimale à un événement aussi gigantesque ?

Pour beaucoup, aller aux Jeux Olympiques est la concrétisation d'un grand rêve. Si, en plus, on est considéré comme capable de remporter une médaille, c'est encore mieux. Mais le plus important, bien sûr, est de beaucoup travailler en amont et de croire en soi. Le fait de devoir réaliser une performance exceptionnelle pour son pays est toujours une source de pression très importante, lors des JO. A cet égard, il faut toujours garder en tête que personne ne peut attendre de quelqu'un qu'il donne plus que le meilleur de soi, parce que c'est impossible. Il faut avoir confiance en soi, en sa préparation et, avant tout, en son entourage, qui nous soutient et qui fait tout pour que nous puissions évoluer dans les meilleures conditions possibles.

Vous parlez de la pression qui pèse sur les épaules des sportifs et des sportives aux Jeux Olympiques. Comment faire pour la gérer au mieux ?

Les athlètes ne devraient pas trop s'occuper de savoir quelles sont les attend à leur sujet. On se met la pression soi-même, et on peut donc la gérer, comme je le dis toujours. Tout ce qui compte, ce sont les objectifs que l'on se choisit. Par conséquent, on devrait se focaliser uniquement sur leur réalisation. Il ne faudrait pas non plus trop craindre les critiques parce que, dans le fond, personne n'a le droit d'en faire : quel athlète prendrait le départ d'une compétition dans le but de faire un mauvais résultat ?

Vous êtes un des plus brillants spécialistes de l'athlétisme de tous les temps. Peut-on acquérir une mentalité de vainqueur ou est-ce quelque chose d'inné ?

Je pense que chacun arrive à un point où il doit mener une lutte intérieure et se battre contre soi-même. Et alors, tout dépendra de la capacité que l'on a ou pas à extérioriser ce combat et à reporter sur la compétition l'énergie qui s'en dégage. J'ai toujours aimé la compétition. Mais, dans le même temps, il est important que cette qualité ne devienne pas plus important que tout, au point que cela soit un besoin de chaque instant d'être le meilleur. Parce qu'il faut pouvoir contrôler cet esprit de compétition, le canaliser, afin de réussir à donner le meilleur de soi au moment où cela compte vraiment.

Mais cette qualité, est-elle innée ou acquise ?

A mon avis, l'instinct qui fait que l'on sent quand il faut frapper, et qu'on le fait effectivement, est inné. Chez un athlète de haut niveau, beaucoup se joue au niveau des sensations. Par exemple, je ne me chronométrais jamais à l'entraînement, parce que je savais pertinemment quand j'étais rapide. Mais bien des choses s'apprennent, par exemple la manière d'utiliser au mieux ses qualités pour répondre aux exigences fixées : si je dois régler un problème technique, il ne me sert à rien d'être trop agressif. Il s'agit donc dans une certaine mesure de brider ses instincts naturels et d'en tirer le meilleur profit possible. C'est ce que j'ai si bien réussi à faire tout au long de ma carrière.


Colin Jackson au rendez-vous olympique à Macolin. (Photo: Swiss Olympic)

Selon vous, qu'est-ce qui distingue un athlète exceptionnel d'un très bon athlète ?

Un athlète exceptionnel est une combinaison optimale de talent et de travail. Une part de son talent réside justement dans sa faculté à travailler dur, qui est le fondement de toute performance de premier plan. Parce que seul le travail sans compromis dans la perspective d'un n'objectif donné permet au talent de s'épanouir. On est libre de ses choix, on peut se décider pour une carrière de sportive de haut niveau ou y renoncer. À partir du moment que la décision est prise, il faut se consacrer entièrement à la réalisation de son objectif : le but doit toujours être plus important que les sacrifices auxquels il faut consentir pour l'atteindre.

Vous avez pratiquement tout gagné ce que l'on peut gagner dans votre discipline. Mais vous n'avez pas obtenu le sacre olympique. Regrettez-vous cet échec?

Evidemment que j'aurais aimé ajouter la médaille d'or olympique à ma collection. On aimerait bien avoir tout gagné. Mais je n'ai pas vraiment de regrets. J'ai établi des records, obtenu des titres de champion du monde et la médaille d'argent aux JO. L'un dans l'autre, ce sont des souvenirs fantastiques.

Que ressent-on quand on établit un record du monde ?

C'est un sentiment très difficile à décrire, cela ressemble au plus parfait accomplissement. On travaille dur, on s'entraîne, on s'entraîne, on rêve d'être le meilleur, et puis on bat tous ses concurrents et on réussit un nouveau record du monde. J'avais été à ce point submergé par les émotions, que je voulais les partager avec tout le monde, je voulais que toutes les personnes présentes dans le stade puissent ressentir ce que je ressentais à ce moment là. Pendant une minute, j'ai eu l'impression d'être le petit jeune du quartier qui tout à coup avait écrit une page d'histoire.

Et qu'est-ce qui s'est passé après cette minute ?

Relativement vite, j'ai vécu une sorte de désenchantement, oui, presque un sentiment de tristesse : maintenant que j'avais atteint le plus haut sommet, qu'est-ce qui allait se passer ? Tout à coup, je ne savais plus en fonction de quels buts travailler. Alors, il faut se souvenir qu'il faut d'abord commencer par savourer son exploit avant de se fixer de nouveaux objectifs.

Mais comment se fixer de nouveaux objectifs sportifs lorsque l'on est déjà le plus rapide?
Ce nouvel objectif ne devrait pas forcément consister à courir encore plus vite parce qu'il arrive toujours le moment où l'on a atteint une certaine limite. C'est quelque chose que les jeunes des athlètes ont souvent de la peine à comprendre mais si l'on a constamment pour seul objectif que de devenir encore plus rapide, cela peut être très frustrant. On peut aussi se donner des objectifs plus modestes, par exemple de continuer à bien courir et a remporté des compétitions.

Quel rôle joue l'entourage dans la fixation des objectifs ?

Il n'y a que l'athlète qui puisse définir ses objectifs. Son entraîneur et d'autres personnages de son entourage personnel et professionnel peuvent uniquement contribuer à les poursuivre. Usain Bolt m’a une fois raconté la chose suivante : « les gens veulent que je réussisse tel ou tel temps, mais je pense que je ne pourrais pas descendre en dessous de 9,5’’ sur 100 m. Par contre, je veux à tout prix passer sous les 19 secondes sur 200 m.» Il s'est donc donné un but indépendamment de ce que les autres exigent de lui, et c'est bien ainsi. Parce que sa conviction qu'il veut et qu'il peut atteindre cet objectif le motive plutôt que d'engendrer une pression contre-productive.

Vous êtes entraîneurs, vous écrivez des livres, vous possédez une agence multimédia. Colin Jackson ne peut-il pas rester une fois à ne rien?

Non! Chaque nuit, je dors entre cinq et six heures... Mais le reste du temps, je travaille beaucoup et volontiers. Je ne ressens pas le besoin de participer à la marche du monde, à en faire partie. Je me sens toujours inspiré par quelque chose, et c'est quelque chose que j'apprécie énormément.

Et maintenant, vous qui êtes britanniques, vous venir en Suisse pour soutenir nos athlètes. Du point de vue anglais, est-ce que cela ne fait pas de vous un traître ?

Il est vrai que je me suis brièvement demandé si ce n'était pas un acte anti britannique que d'accepter cette invitation en Suisse. Mais je suis parvenu à la conclusion que ce n'est pas le cas. Le sport est quelque chose de global, et en tant que sportif, et aussi longtemps qu'amateurs de sport, je me réjouis des performances exceptionnelles, peu importe qui les réalise. Alors, si je peux soutenir et inspirer le Swiss Olympic Team, je trouve cela chouette.

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Londres 2012

« Donne des ailes à tes rêves ! »

de irene.pusterla 11. novembre 2011 13:24

Le 20 août dernier, j’étais prête à sauter une dernière fois avant de m’envoler pour les Championnats du monde de Daegu, en Corée du Sud. Les conditions étaient optimales pour réussir une bonne compétition sur mon installation de saut en longueur préférée. J’aime cette installation : « mon » sautoir magique de Chiasso, là où je m’entraîne pendant la plus grande partie de l’année ; c’est là que j’ai dépassé pour la première fois la limite des 5 mètres et, quelques années plus tard, que j’ai approché les 5,50 mètres. C’est aussi sur ce sautoir que j’ai établi mon nouveau record suisse, en juin dernier avec 6,77 m, distance que j’ai aussitôt légèrement « retouchée » en la portant à 6,81 mètres.


Irene Pusterla (Source: màd, Ti-Press)

L’évènement était encore plus spécial parce que c’était mon club, le « Vigor Ligornetto », qui organisait la compétition et que beaucoup de monde était venu au stade pour me saluer et m’encourager avant mon départ. Avant la compétition, j’étais détendue et consciente de ma bonne condition physique ; mais je ressentais aussi un peu de fébrilité : d’une part, j’étais émue de voir autant d’amis ; d’autre part, cette épreuve représentait mon dernier test avant les Championnats du monde. Je me devais donc d’être très concentrée pour m’exprimer au mieux.

Après les difficultés, le grand exploit !

La compétition n’a pas vraiment bien commencé du point de vue technique, et j’ai fait de petites erreurs lors de mes trois premiers sauts. Ensuite, j’ai éprouvé des frissons, car mon 4e saut était déclaré « mordu », et donc nul. Dommage ! Car il était vraiment très long ! J’ai eu tout de suite envie de me reprendre et de relever une nouvelle fois le défi ! Au moment de sauter pour la cinquième fois, même si j’étais très concentrée, j’entendais les applaudissements du public qui m’encourageait et je sentais surtout que… j’allais sauter loin ! Après avoir visualisé mentalement le «  saut parfait », j’ai pris mon élan… Une fois accomplis les premiers pas, je me suis arrêtée de penser : tout devait venir de soi, automatiquement… Le rythme de l’élan était bon, la détente puissante, le saut… très long ! Au-delà du drapeau qui indiquait mon record de Suisse précédent, à 6,81 m !...


(Source : màd, Ti-Press)

Un grand saut !

Cette fois, je me suis tout de suite rendue compte que mon saut pouvait être « un grand saut ». Pourquoi ? Je ne sais pas ! Je me pose encore aujourd’hui cette question… Mais, grâce à cette performance, j’ai amélioré mon propre record de Suisse, le portant à 6,84 m !
Quand la mesure a été officiellement communiquée, l’explosion de joie a été immense ! Un moment inoubliable que j’ai pu partager avec ma famille, mon entraîneur, mes amis, toutes les personnes du club « Vigor Ligornetto » présentes.
Toutes ces émotions me manqueront au cours des prochains mois. Mais j’espère vivement pouvoir les vivre à nouveau la saison prochaine. Et peut-être à Londres aussi, lors des Jeux Olympiques ! 

Dans le cadre de la série « Road to London », nous accompagnons cinq sportives et sportifs poursuivant le même objectif en vue de 2012 : participer aux Jeux Olympiques d’été et si possible décrocher la victoire. Dans cette série, les cinq candidats olympiques font tomber leur « masque de sportifs d'élite » et nous dévoilent leurs multiples facettes. Ils représentent en même temps tous les autres sportifs et sportives d’élite suisses parvenant avec succès à intégrer l’entraînement et la préparation en vue des compétitions dans leur quotidien, tout en réalisant des performances sportives de pointe.

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Londres 2012 | Road to London

« Je préfère quand ça va vite »

de barbara.kohler 26. octobre 2011 09:35

Elle s’entraîne sept jours par semaine. De temps en temps, son entraîneur lui accorde un jour de repos. Cette année, elle va même raccourcir ses dix jours de vacances de ski à Noël – en vue des Jeux Olympiques d’été à Londres – afin de pouvoir consacrer plus de temps à l’entraînement. Pendant ses loisirs, lorsqu’elle en a un peu, la sportive d’élite Nicola Spirig en profite pour faire du sport…


(Photo: màd)

Depuis Aigle, elle prend le train à crémaillère – que l’on dirait tout droit sorti d’un musée – qui serpente à travers les vignes pour monter jusqu’à Leysin. C’est dans cette station que Nicola Spirig, triathlète de 29 ans, championne d’Europe et deuxième des séries mondiales 2010, s’entraîne dans un groupe international, du moins quand elle ne se trouve pas à l’autre bout du monde pour une compétition. Lorsqu’il fait vraiment trop froid dans les montagnes suisses, elle prend la direction du sud, vers la Grande Canarie, l’Australie, la Thaïlande...

« Tout, sauf sportive professionnelle »

« Enfant, tout m’intéressait, sauf sportive professionnelle », raconte la Zurichoise de l’Unterland. « Je regardais les sportifs d’élite, qui devaient nager un kilomètre avant la compétition. Cela me semblait tellement interminable à l’époque ! » Pourtant, peu de temps avant les Jeux de Sydney 2000, la jeune fille alors âgée de dix-huit ans a pris conscience de son potentiel en triathlon. Pour la première fois, elle envisage l’idée de participer à des Jeux Olympiques. Ce sera chose faite en 2004 à Athènes et, en 2008, à Pékin, sa sixième place lui vaut un diplôme olympique.

 
(Photo: Swiss Olympic)

L’été prochain à Londres, elle vise cette fois une médaille. Pour y parvenir, elle a décidé, après avoir obtenu son diplôme de droit l’année passée, de se consacrer entièrement au sport jusqu’à Londres 2012. Elle compare cette décision à quelqu’un qui s’offrirait un voyage lointain pour se récompenser, c’est dire le bonheur que lui procure le sport.

Un métier de rêve…sans week-end

Sportive d’élite étant devenu entre-temps le métier de ses rêves, Nicola Spirig, s’accommode très bien de devoir se passer de week-end la majeure partie du temps. Elle s’entraîne en effet sept jours par semaine et voici à quoi ressemble une de ses journées. Le matin, à 7h30, elle saute dans la piscine et nage six kilomètres. A midi, elle parcourt 80 km en vélo, gravissant le col du Pillon et le col des Mosses. Elle court ensuite dix kilomètres dans la foulée. Et elle termine peut-être encore par un peu d’entraînement de condition physique. Son entraîneur Brett Sutton attend qu’elle soit véritablement épuisée pour lui accorder une journée de repos.


(Photo: Kirsten Maurer Stenzel)

Quant aux fins de saison, la triathlète ne sait pas non plus ce que cela veut dire. Si elle est convaincue que le cerveau a besoin de repos, elle estime que le corps, lui, n’en a besoin que s’il est blessé. Tandis que certains s’accordent une pause en automne, elle continue de s’entraîner. C’est le moment où elle peaufine les détails. Elle réussit à tromper son cerveau, qui pourrait crier au repos, en pensant simplement en périodes plus longues. Ainsi, sa « saison » dure jusqu’aux Jeux Olympiques de Londres.

Beaucoup de sport, mais pas uniquement…

La Zurichoise aime profiter du peu de temps libre dont elle dispose pour faire du sport : ski alpin, ski de fond, le plus important c’est d’être dehors. Mais lorsque je veux l’inviter au Gigathlon de Swiss Olympic en tant qu’athlète de la catégorie Single, elle me remercie, mais décline d’un geste de la main : « Je préfère quand ça va vite, plutôt que ce soit long. » En tout cas, pour l’instant, c’est ainsi qu’elle voit les choses. Elle explique en effet qu’elle n’exclut en aucun cas, dans un avenir un peu plus éloigné, le triathlon longue distance. Une remarque qui reflète bien son enthousiasme naturel…

Nicola Spirig est en effet quelqu’un d’extrêmement curieux. Qu’importe ce que la vie lui apporte, elle a sans cesse à cœur de se plonger dans un nouveau sujet et de l’explorer à fond. Elle aime le fait qu’il y ait toujours plusieurs perspectives. C’est d’ailleurs ce qu’elle a trouvé passionnant dans ses études : la recherche du bon argument pour soutenir une position. « J’aime devoir argumenter pour défendre un point de vue déterminé, juste pour le plaisir, même s’il ne s’agit pas de mon opinion, ce qui agace parfois mes amis », confie la juriste en riant.

Une vraie professionnelle

Difficile de déceler une quelconque trace d’approximation ou de relâchement chez la triathlète. C’est une professionnelle accomplie qui aime à être entourée de ses pairs. Elle qui ne recherche pas le devant de la scène apprécie malgré tout son statut de personnage public, qui lui permet d’avoir accès au travail d’autres professionnels, accès qui lui serait sinon probablement refusé. Ainsi, à la télévision, elle peut voir ce qui se passe en coulisse et assister à une séance photo réalisée par des professionnels. Elle trouve cela passionnant.

 
(Photos:màd)

Bien qu’elle se soit fixé des objectifs ambitieux et qu’elle se donne les moyens de les atteindre, la jeune femme, qui va bientôt fêter ses 30 ans, préfère ne pas voir trop loin. Elle ignore encore ce qu’elle fera de son diplôme plus tard, si elle abandonnera le sport pour devenir juriste ou si elle décidera de chercher une activité qui concilie les deux. Pour l’heure, toute sa vie est focalisée autour d’un objectif : Londres 2012. Ce qu’il adviendra ensuite ne la tourmente pas outre mesure. Beaucoup de portes lui seront de toute façon ouvertes.

Mandarines au sirop et une ration quotidienne de chocolat !

Nicola Spirig est une personne très disciplinée. Trouver la motivation ne lui pose aucun problème. Lorsqu’il lui arrive d’avoir une petite baisse d’énergie, il lui suffit de penser à son objectif pour se remettre au travail. Si elle n’en était pas capable, elle ne ferait pas partie des sportifs d’élite, rappelle-t-elle. Et être une sportive d’élite, elle le veut à tout prix.

Il n’y a que sur le plan de l’alimentation qu’elle s’autorise quelques légers écarts. La jeune femme avoue ainsi céder volontiers au péché de gourmandise. L’alimentation est certes très importante pour un sportif d’élite mais « cela ne fait pas de mal d’être un peu plus souple sur la question des repas lorsqu’on est si souvent en déplacement. Au Japon, on peut vivre avec des mandarines au sirop et du riz au petit déjeuner. Tant que j’ai ma ration de chocolat quotidienne, je suis prête à faire des compromis. » Quelqu’un qui s’entraîne autant que Nicola Spirig n’a vraiment pas à se justifier ni à avoir honte d’être gourmande. Elle n’a cependant pas voulu révéler quelle est sa dose quotidienne de chocolat !

Portrait

Nom: Nicola Spirig
Date de naissance: 7 février 1982
Domicile: Dielsdorf (ZH)
Profession: athlète, juriste lic.iur.
Clubs: Impuls Triathlon Club Bülach, Schwimmverein Limmat, Leichtathletik Club Zürich (LCZ)
Succès: 2e rang de la série du championnat du monde 2010, championne d'Europe 2009 et 2010

Dans le cadre de la série « Road to London », nous accompagnons cinq sportives et sportifs poursuivant le même objectif en vue de 2012 : participer aux Jeux Olympiques d’été et si possible décrocher la victoire. Dans cette série, les cinq candidats olympiques font tomber leur « masque de sportifs d'élite » et nous dévoilent leurs multiples facettes. Ils représentent en même temps tous les autres sportifs et sportives d’élite suisses parvenant avec succès à intégrer l’entraînement et la préparation en vue des compétitions dans leur quotidien, tout en réalisant des performances sportives de pointe.

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Londres 2012 | Road to London | Sportifs/ves

« Je veux retrouver mes forces d’antan pour la saison olympique ! »

de annalena.flury 13. octobre 2011 09:19

Ralph Näf est l’un des vététistes les plus rapides au monde. Depuis 2002, aucun autre Suisse n’a fait preuve d’autant de constance en Championnats du monde que le prodige de Suisse orientale. Avec trois titres de champion d’Europe et un titre de champion du monde en 2006, Ralph Näf fait partie des vététistes d’élite suisses qui tentent de décrocher l’une des trois places de départ pour les Jeux Olympiques de 2012. Cependant, depuis le début de la saison, Ralph Näf souffre de fortes douleurs dorsales. L’athlète de 31 ans a donc été contraint de mettre prématurément un terme à la saison de compétition cette année. « Londres 2012 » reste malgré tout son objectif.


Image : màd

Ralph Näf, comment avez-vous vécu l’interruption nécessaire de la saison précédent les Jeux Olympiques ?

J’étais bien entendu déçu et triste. La décision n’a pas été facile à prendre, d’autant que je m’étais entraîné durement durant tout l’été. Mais mes problèmes de dos m’empêchaient d’effectuer de bonnes performances sur la totalité de la distance requise lors des compétitions. Pour faire partie de l’élite mondiale, il ne suffit pas de réaliser sa meilleure performance sur les premiers tours seulement. La pression des sponsors, entre autres, était très importante. Annoncer que j’interrompais la saison m’a donc soulagé d’un grand poids. Je savais que je pouvais donner à mon corps le temps de se reposer.

De quoi souffrez-vous exactement ?

A l’heure actuelle, je ne connais pas encore la cause de mes douleurs dorsales. Selon l’une des premières hypothèses, il pourrait s’agir d’une hernie discale symptomatique. Les médecins procèdent actuellement à divers tests médicaux afin de localiser la cause des douleurs. Ces dernières sont parfois tellement fortes que je ne sens plus ma jambe gauche et que j’ai l’impression d’avoir le pied paralysé. Avec un tel problème, il m’est très difficile de pousser sur le vélo et de le contrôler.

Que pensent les médecins ? Allez-vous retrouver la forme ?

Les médecins sont très confiants. En revanche, j’avais des doutes quant à la possibilité de recouvrer un jour parfaitement la santé. Ces derniers mois, j’ai beaucoup perdu confiance en moi et en mes capacités. Parfois, je me demandais même si tout cela avait encore un sens ou si je ne devais pas plutôt tout arrêter. Mais à présent, les choses s’améliorent petit à petit et j’espère bien entendu retrouver 100 % de ma forme.


Images : màd

Que faites-vous dans les moments de doute ?

Je me remémore les nombreux moments merveilleux que j’ai vécus grâce au sport. Comme lorsque j’ai été couronné champion du monde en 2006. Ou alors je repense à l’année 2004, lorsque nous avions fait notre entrée avec la délégation suisse dans la grande arène aux Jeux Olympiques d’Athènes. Ces souvenirs me motivent et me montrent que le VTT fait partie de moi et que je donnerai tout ce que j’ai jusqu’au bout ! De plus, mon métier de vététiste me procure toujours autant de plaisir, je ne pourrais pas rêver mieux !

A quoi ressemble actuellement votre entraînement ?

J’ai passé la plupart de l’été en Engadine pour m’entraîner en altitude. En ce moment, mes entraînements sont plus souples : je m’entraîne deux à trois heures par jour sur route. Je dois également renoncer à d’importantes unités d’entraînement de condition physique. J’espère que les médecins en sauront bientôt plus afin que je puisse reprendre au plus vite mon entraînement à 100 % et retrouver mes forces d’antan pour les Jeux Olympiques de 2012 !

Nino Schurter, médaillé d’argent aux Championnats du monde, s’est déjà assuré une place de départ. La concurrence pour les deux places de départ restantes est très grande au sein de l’équipe suisse. Comment comptez-vous encore vous qualifier pour Londres ?

Cet hiver, j’envisage de participer à quelques courses de cyclo-cross. J’espère avoir retrouvé ma meilleure forme en début d’année prochaine et m’assurer une qualification lors des premières courses de Coupe du monde.

Que représentent les Jeux Olympiques pour vous ?

Comme tout sportif d’élite, la qualification pour les Jeux Olympiques est le grand but de ma carrière. Pouvoir y participer, c’est récolter les fruits pour les efforts et le travail qu’on a fournis des années durant. En 2004, j’ai pu découvrir l’atmosphère indescriptible de cette gigantesque manifestation internationale pour la première fois de ma vie. En 2008, j’étais remplaçant à Pékin. Ces deux expériences ont été très précieuses. A Londres, je voudrais bien sûr de nouveau avoir une place de départ et relever le défi de celui qui roule le plus vite au sein de l’élite mondiale.

Dans le cadre de la série « Road to London », nous accompagnons cinq sportives et sportifs poursuivant le même objectif en vue de 2012 : participer aux Jeux Olympiques d’été et si possible décrocher la victoire. Dans cette série, les cinq candidats olympiques font tomber leur « masque de sportifs d'élite » et nous dévoilent leurs multiples facettes. Ils représentent en même temps tous les autres sportifs et sportives d’élite suisses parvenant avec succès à intégrer l’entraînement et la préparation en vue des compétitions dans leur quotidien, tout en réalisant des performances sportives de pointe.

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Londres 2012 | Road to London | Sportifs/ves

« Explosée » devant son public

de barbara.kohler 31. août 2011 13:18

« J’ai pris beaucoup de risques aujourd’hui et, malheureusement, cela n’a pas porté ses fruits », Nicola Spirig a conclu après les CM de triathlon sprint à Lausanne, où elle était finalement retombée au 16e rang. Cet échec ne l’a pas pour autant détournée de son ambitieux objectif de remporter une médaille à Londres 2012.


Image : Kirsten Maurer Stenzel

« J’ai dit à mes trois enfants : ‹ Un jour, tu apprécieras de pouvoir nager un kilomètre en crawl ›, et je les ai inscrits au club de natation », se souvient Ursula Spirig, la mère de Nicola Spirig. L’année dernière, Nicola Spirig a fini sur la deuxième marche du podium lors de la série des Championnats du monde de l’Union Internationale de Triathlon (ITU), devenant ainsi l’un des plus grands espoirs de médailles suisses pour Londres 2012. J’ai rencontré Plus...

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Londres 2012 | Road to London | Sportifs/ves

« Plus on s’entraîne, plus on augmente ses chances »

de philipp furrer 19. août 2011 16:02

Vainqueur des Championnats grecs en 2004 et des Championnats d’Amérique du Sud en 2010, il passe plus de deux tiers de l’année à l’étranger et se considère comme un Suisse très sérieux. Son objectif est de décrocher, enfin, une médaille à Londres à l’occasion de sa quatrième participation à des Jeux Olympiques : il s’agit du navigateur Flavio Marazzi.


Flavio Marazzi et Enrico De Maria. Photo : Keystone

Le vent et l’eau… Il y a 26 ans, lorsque son père l’a emmené pour la première fois sur un voilier, le garçonnet alors âgé de six ans s’est pris d’affection pour ces éléments, qui n’auront dès lors de cesse de Plus...

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