31. janvier 2012, swiss.olympic

Un monde en reconstruction et des exploits aux JO de Londres 1948

Pendant douze longues années, les athlètes du monde entier s’étaient entraînés, leur cœur balançant entre attente et espoir. La dernière édition des Jeux Olympiques d’été avait eu lieu en 1936, à Berlin. Puis, à cause de la Seconde Guerre mondiale, les JO avaient dû être annulés deux fois de suite. En 1948, sportifs et sportives peuvent enfin se réunir et se mesurer à nouveau à l’occasion de ce grand événement. Pour la deuxième fois, après 1908, la flamme olympique est allumée à Londres.


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23. décembre 2011, isabel.prinzing

La tragédie du marathon de 1908 à Londres

Dans un peu plus de six mois, Londres sera le théâtre des Jeux Olympiques d’été. La capitale britannique est la seule ville au monde à organiser cette manifestation sportive pour la troisième fois, après 1908 et 1948. Une rétrospective permet de constater que les Jeux de 1908 n’ont pas dévoilé uniquement des gagnants et des perdants : certains sportifs sont même entrés dans la légende. Le seul participant suisse, Julius Wagner, est malheureusement rentré bredouille, ce qui ne l’a pas empêché de s’engager pour le Mouvement olympique tout au long de sa vie.


Dorando Pietri peu avant de franchir la ligne d’arrivée. (Photo: Keystone)

Les Jeux d’été de 1908 devaient initialement avoir lieu à Rome. De mauvaises langues prétendaient toutefois que le comité d’organisation romain n’avançait pas suffisamment dans les préparatifs, ce qui remit rapidement en question la tenue des Jeux dans la capitale italienne. L’éruption du Vésuve en 1906 enterra définitivement le rêve de l’Italie d’accueillir des Jeux Olympiques. L’argent qui devait être consacré à cette manifestation dut finalement être utilisé pour reconstruire la ville de Naples, dévastée par le volcan. L’Association olympique britannique se proposa alors de reprendre le flambeau et le Comité International Olympique (CIO) désigna Londres comme nouvelle ville hôte.

Malgré tout, c’est quand même un Italien qui marqua les esprits lors de ces Jeux de 1908 à Londres, en l’occurrence le marathonien Dorando Pietri. Pas après pas, mètre après mètre, alors qu’il ne lui restait plus que quelques mètres avant la grande victoire, Dorando Pietri se mit à boiter sous la chaleur écrasante et le soleil qui lui brûlait la nuque. Le stade de White City était comble ; la foule jubilait, l’acclamait, lui faisait signe, mais il ne voyait plus rien. Exténué et étourdi, il tituba avant d’être victime d’une défaillance et de s’effondrer. Il se releva néanmoins péniblement, repartit dans la fausse direction avant d’être redirigé, mais il s’écroula à nouveau, se releva et s’effondra juste après.
Dorando Pietri avait dominé le marathon dès le 22e kilomètre. Bien que ne mesurant que 1m59, le boulanger de Capri parvint à devancer ses 56 adversaires. Ce sont les derniers mètres qui se révélèrent les plus difficiles, un véritable combat contre la chaleur, la fatigue et lui-même. Des médecins et des arbitres présents le prirent alors par le bras et l’aidèrent à franchir la ligne d’arrivée.
En raison de cette aide extérieure, Dorando Pietri fut disqualifié et la victoire revint finalement à son dauphin l’Américain John Hayes, arrivé environ dix minutes après lui dans le stade.


Echo mondial

Malgré le retrait de son titre olympique, Dorando Pietri entra tout de même dans l’histoire. La nouvelle concernant la « tragédie » du petit boulanger italien se propagea comme une traînée de poudre. La reine Alexandra remit une coupe honorifique au malchanceux afin de le récompenser de sa performance combative. En même temps, son histoire fut largement relatée dans la presse mondiale. L’auteur de Sherlock Holmes, Sir Arthur Conan Doyle en personne, lui fit l’honneur d’écrire un article détaillé à son sujet. A cet article paru fin juillet 1908 dans le quotidien britannique « Daily Mail », l’écrivain joignit même un courrier des lecteurs incitant ses concitoyens à verser un don au coureur malchanceux.
Dorando Pietri devint une célébrité et la course à pied lui permit de gagner sa vie honorablement les années qui suivirent.
Lors de ces Jeux Olympiques d’été, le royaume d’Italie repartit avec deux médailles d’or. La Suisse n’enregistra quant à elle aucun succès. Il faut dire qu’elle n’était représentée que par un seul sportif, le lanceur de marteau Julius Wagner, qui avait disputé les Jeux Olympiques intermédiaires de 1906 à Athènes sous les couleurs de l’Allemagne.


Des Jeux Olympiques tous les deux ans

Les Jeux Olympiques intermédiaires ne furent jamais reconnus par le Comité International Olympique (CIO) ni pris en compte dans les listes officielles étant donné que leur organisation n’était pas du ressort du CIO. Ces Jeux intermédiaires résultèrent de divergences autour du lieu de déroulement des JO. Pierre de Coubertin, considéré comme le fondateur des Jeux Olympiques et président du CIO en 1906, avait pour ambition de créer un Mouvement olympique mondial. Les Grecs souhaitaient au contraire que les Jeux Olympiques aient toujours lieu dans leur pays, notamment en raison du succès organisationnel de 1896, mais également à cause de l’arrière-plan historique.
Pour résoudre ce problème, quelques collaborateurs du CIO proposèrent d’organiser les Jeux tous les deux ans en alternant entre Athènes et d’autres villes. Cette proposition fut acceptée malgré les réticences du baron de Coubertin. Les historiens du sport considèrent aujourd’hui que les Jeux Olympiques intermédiaires d’Athènes sauvèrent le Mouvement olympique en réhabilitant de nombreuses cérémonies, notamment le défilé des nations. 


Sportif suisse unique

En dépit des discussions politiques, Julius Wagner fut sacré champion olympique de lutte à la corde en 1906, malheureusement lorsqu’il était encore engagé sous les couleurs de l’Allemagne. Il participa également au pentathlon (8e rang), au saut en longueur (11e rang), au saut à la perche (14e rang), au 100 mètres (éliminé), au lancer du disque, au lancer du poids et au lancer de la pierre (tous sans classification). Ce sportif se fit ensuite naturaliser Suisse et représenta sa nouvelle patrie deux ans plus tard à Londres. Alors qu’il avait disputé huit disciplines en 1906, il préféra se concentrer sur le lancer du marteau en 1908, malheureusement sans succès. Après sa dernière participation à des Jeux Olympiques (1912 à Stockholm en décathlon), il devint éditeur. Il mit alors un point d’honneur à représenter le Mouvement olympique dans le cadre de ses activités professionnelles en publiant notamment un ouvrage sur les Jeux Olympiques de 1924 à Paris. Il officia ensuite en tant que vice-président du Comité Olympique Suisse (COS), l’un des ancêtres de Swiss Olympic. Julius Wagner décéda en 1952 à Berne.

18. mars 2011, swiss.olympic

« Le sport était ma drogue »

Anna Bürgi a vécu durant dix ans pour le unihockey. Après son retrait du sport d’élite au printemps dernier, elle a dû réorganiser sa vie et chercher d’autres voies lui permettant d’aller physiquement au bout de ses limites.

Anna Bürgi, jusqu’au printemps 2010, vous étiez une joueuse professionnelle de unihockey. Qu’est-ce qui vous a motivée à vous retirer ?

Durant mes dix années de pratique du sport d’élite – et surtout ces deux dernières années – j’ai pris conscience du fait qu’il y avait aussi une vie à côté du sport. Le mouvement constant, la lutte collective, l’esprit d’équipe, les poussées d’adrénaline et les performances de haut niveau qu’il faut fournir représentent certes une part très importante dans la vie d’un sportif, mais relèguent en grande partie les amis, la famille et d’autres loisirs au second plan. La diversité tant au niveau sportif que non sportif et le fait de pouvoir être flexible pour des rendez-vous non sportifs m’ont manqué ; c’est pourquoi j’ai commencé à me préparer à mon retrait une année avant d’arrêter.

  
Anna Buergi jusqu'à 2010...                ...et aujourd'hui comme physiothérapeute.

En disant adieu à la compétition, de quoi vous êtes-vous le plus réjouie ?

Je me réjouissais surtout de pouvoir aller au cinéma le lundi ! Je suis une grande amatrice de films, mais nous avions toujours l’entraînement le lundi et je ne pouvais donc presque jamais profiter du prix avantageux des billets ce soir-là. Plus...

8. février 2011, swiss.olympic

« J’aime le changement et relever de nouveaux défis »

Fabienne Reuteler a occupé le devant de la scène durant l’âge d’or du snowboard suisse. En août 2010, elle a épousé le snowboardeur professionnel américain Josh Dirksen et s’appelle désormais Fabienne Dirksen. A part son mariage, sa vie a changé à beaucoup d’autres niveaux depuis son retrait en 2004.

Fabienne Dirksen, vous avez été snowboardeuse professionnelle jusqu’en 2004. Qu’est-ce qui vous a motivée à vous retirer ?

Pendant dix ans, j’ai tout consacré au snowboard et, en 2004, j’ai décidé qu’il était temps que je termine mes études d’économie et que je fasse mes premiers pas dans le monde du travail. J’aime le changement et relever de nouveaux défis. La vie est courte et je souhaiterais profiter de la mienne pour vivre le plus grand nombre d’expériences différentes possible. En snowboard, j’ai atteint tous mes objectifs. En 2004, il était temps que je passe à autre chose.

    

    Fabienne Reuteler à Salt Lake City 2002...(Photo: Keystone)  ...et après son carrière au Peru.

En disant adieu à la compétition, de quoi vous êtes-vous le plus réjouie ? Et à l’inverse, de quoi aviez-vous peur ?

Je me réjouissais surtout d’avoir à nouveau du temps libre, d’être davantage à la maison et de pouvoir voir ma famille et mes amis plus souvent. Je n’avais pas de crainte particulière. J’avais pris une décision et me réjouissais de ce changement. Plus...

27. janvier 2011, swiss.olympic

« J’ai toujours autant la défaite en horreur »

Après avoir décroché une médaille de bronze aux Jeux Olympiques de 2008 à Pékin, le judoka Sergei Aschwanden s’est retiré de la compétition. Dans un entretien, il évoque avec nous sa reconversion professionnelle.


Image 1 : zvg, image 2 : Keystone

Sergei Aschwanden, vous avez été judoka professionnel jusqu’à la fin 2008. Qu’est-ce qui vous a motivé à vous retirer ?

Le lendemain de ma médaille de bronze aux Jeux Olympiques de Pékin, j’ai ressenti comme une impression de vide, mais aussi une sensation de paix et de satisfaction. Dans un premier temps, j’ai pensé que c’était seulement la fatigue, car je n’avais pas dormi de la nuit. Mais cette sensation a perduré, même quelques mois plus tard. Je me suis laissé du temps pour être sûr de moi. Je me suis toujours dit qu’au moment où je ne serais plus prêt à me donner à 200 % au sport, il serait alors temps de m’arrêter. Et c’est ce que j’ai fait. Depuis ma retraite sportive, le sport de performance ne m’a pas manqué une seule seconde, et je suis plus qu’heureux et satisfait de tout ce que j’ai pu vivre. Plus...

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