Le saut en longueur plutôt que le vol sans visibilité – grâce à des guides bénévoles

de manuela.ryter 14. juin 2011 13:12

Avec une confiance totale en son guide, Lukas Hendry s’élance dans le vide pour sauter à plus de six mètres. Il est l’un des meilleurs sauteurs en longueur aveugle du monde. Mais, sans bénévoles pour lui servir d’yeux à l’entraînement et en compétition, sa réussite serait impensable.

Lukas Hendry est droit comme un piquet sur la piste de saut en longueur. Il plie les bras vers l’avant. L’encourageant à voix basse, Romain Thomet, son guide, tourne autour de lui et place dans le bon axe ses pieds, ses hanches, ses épaules et sa tête. Tous ses membres doivent être positionnés très précisément pour que, lorsqu’il s’élancera à pleine vitesse, il courre exactement dans la bonne direction et atterrisse effectivement dans le sable.

Tandis que Lukas Hendry reste figé dans sa position, son guide court vers la fosse de réception, se place au milieu de la piste, puis crie « ta-ta-ta » tout en frappant le rythme dans ses mains. Lukas Hendry se penche en avant, fléchit légèrement les genoux, en position de départ. Puis il s’élance. A fond. Exactement huit doubles pas. Puis il saute. Dans le vide. Avec une confiance totale dans son guide, qui, en cet instant, remplace ses yeux.

Une progression rapide

Lukas Hendry, 32 ans, est aveugle. En raison d’une maladie congénitale, le Fribourgeois de Guin, a toujours souffert d’une très mauvaise vue avant que n’arrive, il y a neuf ans, ce qu’il avait toujours craint : Plus...

« J'accueillerai les athlètes suisses à bras ouverts »

de manuela.ryter 26. mai 2011 10:18

A Londres, le Suisse Philipp Mosimann propose des délices culinaires de haut vol avec le service traiteur haut de gamme « Mosimann’s Club » et compte, entre autres clients, la famille royale britannique. Lors des Jeux Olympiques de Londres 2012, Mosimann, qui est lui-même un sportif de l'extrême, se retrouvera non seulement aux fourneaux de la « House of Switzerland », mais officiera également en tant qu'Attaché du Swiss Olympic Team. Avec beaucoup de fierté, comme il tient à le souligner dans l'interview qui suit.

Philip Mosimann, vous avez récemment servi le repas de mariage du prince William et de Kate et, l'été prochain, vous travaillerez pour la Suisse pendant les Jeux Olympiques de Londres. Quel est l’événement qui a plus d'importance à vos yeux ?

Les deux sont tout aussi importants et me remplissent de fierté. Chaque client que nous servons est un honneur pour nous. Nous voulons qu’il vive une expérience inoubliable chez nous. Je suis fier, très fier, de représenter la Suisse à Londres. Et je me réjouis de cette mission.


L’équipe parfaite (1) : Philipp Mosimann (à droite) avec son père (à gauche) et son frère (au milieu) Images : màd


Vous allez choyer les hôtes de la « House of Switzerland » pendant les Jeux. Dans le même temps, vous serez également l’Attaché du Swiss Olympic Team 2012 et ferez donc un peu partie de la délégation suisse. De laquelle de ces tâches vous réjouissez-vous le plus ?

Je suis heureux de faire partie de l’« équipe » suisse à Londres. Mon but est de proposer à nos hôtes une nourriture de Plus...

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Londres 2012 | Swiss Olympic

« En tant que sportif, je profite moi aussi du travail d’innombrables bénévoles »

de manuela.ryter 25. mars 2011 10:17

Ils et elles sont entraîneurs, responsables du matériel, secrétaires ou membres du comité de leur club : les bénévoles se comptent par milliers dans le sport associatif suisse. Chaque année, ils consacrent gratuitement d’innombrables heures à leur club. Qu’est-ce qui les motive ? Selon Felix Weilenmann, la bonne âme du club de triathlon Triclub Seeland, (notamment) le fait de pouvoir participer aux décisions. Parce que « les bénévoles ne sont pas des employés. Ils ne font pas qu’exécuter des tâches. Leurs idées font avancer les choses. » (règle d’or du bénévolat N° 2).

Ils donnent les entraînements, ils coachent les jeunes, organisent les compétitions, s’occupent de la comptabilité du club, mettent sur pied des camps d’entraînement et la fête de Noël, chronomètrent et arbitrent, conduisent les enfants au stade, à la piscine ou sur les pistes de ski, rédigent des textes pour le journal interne, recherchent des sponsors, commandent le matériel nécessaire et cherchent des possibilités d’entraînement adaptées : sans les milliers de bénévoles qui consacrent chaque année d’innombrable heures à leur club, il n’y aurait plus de sport en Suisse.

En tout, le travail de ces bénévoles a représenté 3,42 millions heures en 2010 selon l’étude sur les clubs qui vient d’être publiée. Ce n’est que grâce à ce travail précieux et gratuit que 1,6 milliards Suisses et Suissesses, dont le 34 pour cent des enfants et jeunes, ont pu s’entraîner au sein de 21 000 clubs, dont le 86 pour cent disputent des compétitions.

Mais qu’est-ce qui pousse tous ces volontaires à s’engager ? Pourquoi choisissent-il de passer leurs soirées à travailler bénévolement plutôt que d’aller au cinéma ? Pourquoi œuvrer le week-end comme auxiliaires à des manifestations sportives plutôt qu’aller se promener ? Bien sûr, il y a autant de réponses à ces questions que de bénévoles. Pour Felix Weilenmann, 38 ans, spécialiste confirmé de l’Ironman, d’Aegerten, près de Bienne, et bonne âme du club de triathlon Triclub Seeland, c’est une question de donner et de recevoir. Pendant que ses deux garçons tournent autour du bureau qu’il a aménagé dans les combles de sa maison, il effectue des tâches administratives pour son club ; d’autres soirs, il dirige des entraînements ou participe aux séances du comité. Et cela à côté des centaines de kilomètres qu’il avale chaque semaine en nageant, en courant ou en faisant du vélo. Plus...

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L'Année du bénévolat

« L’entretien » avec Didier Défago: « Ma blessure m’aura au moins permis de digérer ma victoire aux Jeux Olympiques »

de manuela.ryter 9. mars 2011 12:03

Il y a une année, Didier Défago remportait la médaille d’or en descente aux Jeux Olympiques d’hiver 2010 de Vancouver. Dans l’entretien qui suit, le skieur de Morgins, qu’une blessure au genou a empêché de disputer la saison 2010-2011, explique l’importance que revêt pour lui ce titre olympique.

Didier Défago, il y a une année, vous reveniez de Vancouver couronné d’or. Quel est le souvenir qui vous a le plus marqué ?

A coup sûr, la cérémonie de remise des médailles. J’ai croisé le regard de mon frère, le seul membre de ma famille qui a pu se rendre à Vancouver, cela a été un moment d’émotion très intense. Mais je n’oublierai non plus jamais les autres fêtes et cérémonies comme la réception à l’aéroport de Zurich ou la grande fête organisée en mon honneur par la commune de Morgins.


                                                                                                                  Photo : Keystone

La Suisse a dû attendre 22 ans avant de remporter à nouveau, grâce à vous, l’or dans la descente olympique, la discipline reine. Quelle part joue le hasard dans l’obtention d’un titre olympique ?

Il est évident que les meilleurs se tiennent de très près. A Vancouver, le sixième de la descente n’avait que quatre dixièmes de retard sur moi. Bien sûr, il faut toujours avoir un peu de chance, mais il faut être au sommet de sa forme au bon moment et être convaincu d’avoir fait tout juste sur le plan de la préparation physique et de disposer d’un matériel optimal. Il suffit d’un rien pour que tout bascule, la chance et la malchance sont tellement proches l’une de l’autre… Plus...

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L'entretien | Sotchi 2014 | Sportifs/ves | Top Athletes | Vancouver 2010

« J’adore la vitesse !... »

de manuela.ryter 22. février 2011 09:19

En adaptant parfaitement la position de son corps à la luge sur laquelle elle est allongée Martina Kocher, « Swiss Olympic Top Athlete », atteint des vitesses approchant les 140 km/h. Et cette vitesse ne cesse de croître… A chacune de ses sorties, la Bernoise (25 ans) se rapproche un peu plus de l’élite mondiale.

Martina Kocher est jeune, belle et rapide comme l’éclair ! Allongée sur sa luge, elle descend le couloir de glace à plus de 100 km/h ! Si elle n’avait pas choisi ce sport, elle serait probablement devenue skieuse, voire motocycliste ou spécialiste de sport automobile. « Ce qui compte en effet pour moi aujourd’hui comme hier », sourit-elle, « c’est la vitesse !… »

Au cours de ses descentes, bien à plat sur sa luge, Martina Kocher se doit de réagir à l’accélération progressive par des mouvements précis et presque imperceptibles. « Je ressens pleinement cet accompagnement », explique la Bernoise en précisant l’extraordinaire sentiment qu’elle éprouve au cours d’une descente : « J’accompagne la pression exercée sur mon corps à chaque virage, et je m’en sers pour communier avec ma luge. Cela me permet de savourer – j’allais dire de déguster – pleinement, ainsi, la vitesse qui ne cesse d’augmenter… »Plus...

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Sotchi 2014 | Sportifs/ves | Top Athletes

L’Equipe de Cuche a lutté avec force, charme et savoir-faire !

de manuela.ryter 3. novembre 2010 16:51

En lieu et place de lutter tête entre les genoux sur une piste de descente pentue et glacée Didier Cuche, engagé au « Super10Kampf » (« Superdécathlon ») dans un Hallenstadion zurichois plein à craquer, a joué cette fois au gladiateur face aux Ammann, Cologna, Kaeslin et compagnie ! Une pleine journée dans l’arène !

Il y a deux semaines à peine à Sölden, Didier Cuche, notre champion du monde, était au départ de la première réunion de la saison comptant pour la Coupe du monde avec les autres meilleurs skieurs de la planète. Vainqueur l’année dernière, il y jouait le rôle de favori. Mais peu importe ! Pour l’instant, avec Patrick Fischer, star de hockey sur glace ; avec Kerstin Cook, Miss Suisse 2010 ; avec Arno Galmarini, lecteur du « SonntagsBlick » il est en train de s’équiper, dans un coin perdu de l’immense Hallenstadion, en vue du grand spectacle de la soirée. Avec 12 000 spectateurs et spectatrices annoncés, l’arène sera bondée pour applaudir aux exploits de ces gladiateurs d’un jour engagés pour faire le spectacle à la réunion gigantesque de la Fondation de l’Aide Sportive Suisse. Les équipes s’affronteront aux cris de « Hopp Schwiiz ». Mais l’heure n’est pas encore venue et l’attente se prolonge…

Pour l’instant, même si une certaine nervosité commence à se faire sentir dans la salle – un peu comme à la rentrée des classes – l’atmosphère est encore détendue. Il s’agit en effet de répéter les différentes phases des jeux prévus au programme, d’en reprendre le déroulement en corrigeant les erreurs, de revoir la répartition des tâches, d’étudier où il est possible d’introduire une drôlerie, un tour de guignol… Parfaitement moulée, l’Equipe Cuche prend son rôle au sérieux. Sans rechigner sur un clin d’œil par-ci, un « grüezi » par-là… « Je ne vois pas qui pourrait nous battre », s’exclame Didier en rigolant. « Nous sommes bien musclés, nous avons du charme, nous sommes malins… Bref : nous avons tout ce qu’il faut pour nous imposer au terme de ce « Super10Kampf » !... » Plus...

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Aide sportive | Sportifs/ves | Top Athletes | Vancouver 2010

En moins de six minutes, un rêve peut s’évanouir ou devenir réalité !

de manuela.ryter 22. juillet 2010 15:04

« Il est presque plus difficile de se qualifier pour les Jeux Olympiques que d’y remporter une médaille ! », s’exclame Sophie Lamon. Agée de 25 ans, l’escrimeuse valaisanne, qui a récemment pris la 12e place aux CE de Leipzig, doit savoir de quoi elle parle : les Jeux de Londres 2012 seront en effet ses troisièmes ! Pour autant qu’elle parvienne à satisfaire aux exigences de qualification, très sévères !...

En longues bandes grises, les pistes s’étirent le long de la salle du « Cercle des armes de Lausanne ». L’air est encore chargé des effluves de transpiration laissés par les élèves, en train de se débarrasser de leur harnachement avant de disparaître sous la douche. Quelques regards se glissent encore en direction de Fabian Kauter, répétant à mille reprises le même assaut, dans un petite salle voisine avec Angelo Mazzoni, l’entraîneur national ; et en direction de Sophie Lamon – une des meilleures escrimeuses du pays – qui, en petite tenue orange, arpente la salle en guise d’échauffement avant son propre entraînement : préparation physique et mentale, l’escrime étant un sport de grande précision et de concentration absolue…

Pour la semaine d’entraînement du cadre national, Sophie Lamon est expressément rentrée de Paris, où elle habite actuellement. Elle est appelée à défendre prochainement à Leipzig, avec son équipe, la troisième place conquise Plus...

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Londres 2012 | Sportifs/ves | Top Athletes

Les Jeux Olympiques en point de mire

de manuela.ryter 21. juin 2010 13:45

Mascottes, torches, médailles, uniformes, affiches : les objets liés aux différentes éditions des Jeux Olympiques font partie de l’histoire artistique du 20e siècle. Pour le collectionneur « olympique » et graphiste Markus Osterwalder, aux Jeux, le sport n’est qu’une agréable distraction.

Markus Osterwalder (46 ans) est heureux comme s’il avait gagné une médaille olympique : devant lui, une des nombreuses étagères sur lesquelles il a empilé mascottes, livres et autres gadgets illustrant l’une ou l’autre édition des Jeux Olympiques. D’un tiroir, il sort une médaille couleur bronze : Paris 1924 ! Elle fait sa fierté. Elle lui a été confiée il y a peu, à lui le collectionneur fana, et témoigne d’un chapitre de l’histoire des Jeux Olympiques.

Peu après avoir participé à une émission de télévision de Kurt Aeschbacher, une dame a pris contact avec lui. Paul Schmiedlin, père de cette dernière avait remporté, au tournoi de football des Jeux Olympiques de Paris, en 1924, la médaille d’argent avec l’Equipe de Suisse, dont il était le capitaine. Médaille inattendue et énorme pression. Touché, Osterwalder rendit visite à la dame et, fasciné par les photos, le journal personnel et la médaille qu’il découvrait, il ne perdit pas une syllabe de son récit. « A l’heure qu’il est, cette médaille est la pièce la plus précieuse de ma collection », sourit-il. « C’est qu’elle n’est pas qu’une pièce de métal ; elle est un morceau d’histoire qu’il s’agit de préserver… » Plus...

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Divers

Du soleil, du sable et beaucoup de sueur !

de manuela.ryter 7. mai 2010 14:36

Ils sont cool et bronzés ! Mais ils refusent la facilité ! De qui peut-il bien s’agir ? Des jeunes joueurs de beach-volley Mats Kovatsch et Jonas Kissling, prêts à s’engager à fond pour le sport et pour bénéficier d’une bonne formation. Ensemble, ils forment la première équipe à bénéficier, en Suisse, d’un soutien professionnel et ceci, notamment, grâce au nouveau Centre national d’entraînement de Berne.

Un peu caché entre un quartier d’habitations, une forêt et une ligne de chemin de fer, le « Beachcenter » de Berne, cœur du Centre national d’entraînement (CNE) de la capitale, inauguré il y a une année, est situé au sud-ouest de la ville. On y hume un léger parfum d’eau de mer. De jeunes gens au corps musclé s’entraînent sur le sable. Leur jeu ondoie harmonieusement, et seule l’intervention de l’entraîneur, soucieux de donner quelques consignes, parvient à l’arrêter. Quelques paires de nu-pieds sont alignées près des tables en bois qui bordent les trois surfaces de jeu. Dans la salle de beach-volley, ouverte aux activités il y a quelques mois seulement, une immense planche murale représentant une rangée de palmiers en bord de mer invite à la rê verie…

Mais Mats Kovatsch (20 ans) et Jonas Kissling (19 ans) ne sont pas ici pour rêver ! Avant-hier soir, à Zurich, dans le cadre du « Coop Beachtour », ils ont disputé leur premier match de la saison et signé d’emblée une première victoire. Interminable, l’hiver semble enfin avoir pris fin et les joueurs sont heureux de pouvoir recueillir les fruits de leur dur labeur. 

Jonas Kissling, Mats Kovatsch

Ce soir, il vont rencontrer la paire Laciga / Bellaguarda. Les fameux cracks suisses. Pour nos deux presque débutants dans la catégorie « professionnelle » la plus élevée ce match revêt, on l’aura compris, une importance particulière. Leur chance de l’emporter est très faible. Par contre, l’opportunité qui leur est offerte de pouvoir enrichir leur jeu et leur expérience est d’autant plus évidente. « Et puis, qui peut affirmer que nous ne gagnerons pas ? », s’exclame Kovatsch en clignant malignement des yeux dans la lumière du soir.

Entraînement de forçat sur la plage

Bronzés comme il se doit, les deux jeunes joueurs sont aussi de gais lurons. Pour la photo par exemple, mine de rien, ils revêtent aussitôt un t-shirt aux logos de leurs sponsors. Ce qu’ils pratiquent ici, sur le sable, est plus sérieux qu’il n’y paraît ! « L’image donnée par le beach-volley est généralement fausse », dit Mats Kovatsch. « Nous ne sommes pas ici pour nous amuser, mais pour nous entraîner ! Pour nous entraîner durement ! Même à la plage, un camp d’entraînement est bien loin d’être un… camp de vacances… »

Les succès des deux joueurs confirment ! L’année dernière en l’espace de peu de temps, en deuxième partie de saison, l’équipe est parvenue à se faire un nom sur la scène helvétique de beach-volley, se hissant de la trentième à la sixième place du classement national. Cela étant, Kissling ajoute d’un aire malicieux : « Le beach-volley, heureusement, est moins rigide que le volley-ball en salle… » Lors des matches en effet, chez nous, l’ambiance est toujours festive, musicale, et le public s’amuse tout en applaudissant. Ici, la décontraction est de mise !

Apprendre et travailler plutôt que se reposer !

Au programme : de deux à quatre heures d’entraînement par jour ! Pendant la saison : de nombreuses rencontres ! En outre, pendant que leurs collègues du CNE peuvent se reposer une fois leur entraînement terminé, nos deux apprentis, eux, retournent soit au bureau soit à l’école et, si ce n’est pas le cas, ils se plongent dans leurs livres et cahiers pour préparer leurs examens. Les deux suivent, en effet, un apprentissage de sportif d’élite, apprentissage qui, prolongé d’une année, leur permet de mener de front sport et formation professionnelle. « La charge est considérable », explique Mats Kovatsch, qui parvient cet été au terme de son apprentissage. Et il en a assez des remarques ironiques que lui font ses collègues de bureau quand, à trois heures, il quitte les lieux ; assez aussi de celles de ses collègues de l’Equipe nationale quand, à cause du travail ou de l’école, il arrive en retard à l’entraînement... « La plupart n’ont aucune idée de la charge qui pèse sur nos épaules !... », conclut-il.

« Cela dit, nous avons une chance extraordinaire, ici en Suisse, de pouvoir à la fois nous adonner à notre sport favori et suivre simultanément l’apprentissage d’une profession », insiste Jonas Kissling avant de poursuivre : « Et cela même si, par amour de notre sport, nous devons renoncer à un tas de choses – à sortir le soir avec des amis par exemple – et n’avons que peu de temps libre. » Tout cela, ils le prennent sur eux, sachant que le sport leur apporte également des tas de choses en retour : « A prendre et à assumer nos responsabilités par exemple ; à vivre l’esprit d’équipe ; à réussir des performances sous pression ; à voyager au quatre coins du monde… Autant de choses qui seraient hors de notre portée sans lui ! » Leurs copines vont heureusement dans le même sens, puisqu’elles jouent toutes deux au volley-ball et qu’elles comprennent donc ce que c’est que d’avoir peu de temps à disposition…

 

 

 

Promotion professionnelle

Bénéficiant, par le biais d’une « Sport Scholarship Future », du soutien de Swiss Olympic, Mats Kovatsch et Jonas Kissling sont considérés comme les plus sûrs talents de la relève suisse en beach-volley. De fait, ils sont la première équipe composée de jeunes talents à bénéficier, dans ce pays, d’un soutien professionnel aussi important. Il faut bien dire, cela étant, qu’il n’y a que douze mois –  à savoir depuis l’ouverture de son CNE – que « Swiss Volley » est en mesure de procéder à une promotion professionnelle du beach-volley. Et il était grand temps car, au cours de ces dernières années, alors que la Suisse plaçait plusieurs équipes en tête du classement international, un trou abyssal commençait à se creuser à l’arrière. « Cela ne doit plus arriver », insiste Marc Gerson, longtemps entraîneur de professionnels du renom de Paul Laciga et Zeiler Köniz. Grâce à Kovatsch / Kissling, notre pays dispose à nouveau d’une formation d’avant-garde : 9e aux CE des M20 en 2008 et 5e  aux CM des M21 l’année dernière. En l’absence du CNE, une telle réussite n’aurait sans doute pas été possible !


Amélioration du niveau grâce au CNE

Actuellement, le CNE permet à huit des dix équipes suisses de beach-volley qui constituent le cadre national (deux équipes olympiques ; trois équipes nationales ; trois équipes nationales de la relève) de bénéficier de conditions d’entraînement optimales. Tous ces joueurs ont un statut professionnel et sont dotés d’un potentiel qui doit leur permettre de participer, un jour ou l’autre, aux Jeux Olympiques. Sans le CNE, la chose ne serait pas possible. Avant l’existence du Centre, l’entraînement des joueurs, qui ne disposaient que d’une seule installation en salle à Winterthour, ne pouvait pas être coordonné. « Nous passions des heures sur les autoroutes ; des heures que nous pouvons maintenant consacrer à l’entraînement », explique Gerson, entraîneur heureux. A l’heure qu’il est, les joueurs disposent d’un plan d’entraînement fixe et peuvent, pour la première fois, s’entraîner sur le sable en hiver également.

« Pour nous », insiste Jonas Kissling, « c’est une chance exceptionnelle de pouvoir nous entraîner avec les meilleurs. » Un autre point encore à mettre au compte du CNE : grâce à lui, le niveau moyen des joueurs suisses s’est élevé de façon spectaculaire, ce qui contribue également à mettre nos équipes olympiques sous pression. L’entraîneur Gerson, au sujet de Kissling et Kovatsch : « Ils ont de l’avance, cela ne fait aucun doute, par rapport au niveau atteint par nos élites d’aujourd’hui lorsqu’ils avaient leur âge. » Et il semble que d’autres formations, dont l’entraînement est d’ores et déjà quotidien, sont sur leurs talons.

Rio de Janeiro pointe à l’horizon…

Les « Koki » (c’est le nom qu’ils se donnent sur leur site Internet), ont encore un peu de peine à rivaliser avec les meilleurs. « Pour ce faire, il faut disposer d’une grande expérience, et celle-ci ne tombe pas du ciel » sourit Kissling. Mais personne ne doute du fait que ce n’est qu’une question de temps ! Les deux joueurs forment en effet une équipe solide et harmonieuse, aussi bien sur le sable que sur terre ferme : Kovatsch l’ « embrouille » et Kissling le « débrouille », comme aime les appeler Gerson apprécient de pouvoir jouer ensemble et ils le font sans chercher à tout casser… », précise-t-il. C’est assez rare dans ce milieu.

Les Jeux de Londres arrivent sans doute un peu trop tôt pour ces deux jeunes talents, mais les plages de Rio leur font d’ores et déjà les yeux doux. Soleil, sable et samba : qui dit mieux ? Même dans la sueur et au prix d’un dur travail.

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Rio 2016 | Sportifs/ves | Talents

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